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L’Indépendant :
Colonel Hassane Fagaga de l’Alliance du 23 mai. Vous venez de rentrer à Kidal. Est – ce à dire que vous êtes revenu pour de bon ?

Hassane Ag Fagaga : Bien sûr ! Depuis les évènements du 23 mai 2006, nous nous sommes expliqués et nous sommes parvenus à signer un accord avec les autorités de Bamako. Nous sommes derrière ce texte là. Si nous sommes partis, c’est parce qu’à un moment donné, nous avions estimé que le gouvernement s’éloignait de l’Accord d’Alger. Nous sommes donc sortis des rangs pour protester afin d’amener le pouvoir à respecter ses engagements.

Nous sommes revenus aujourd’hui parce que nous avons eu des assurances quant à l’application correcte de ce document. Nous n’avons aucun problème. La volonté de rester dans notre pays et d’être des Maliens à part entière nous anime. Vraiment, nous voulons rester à Kidal. Nous ne sommes pas revenus pour repartir. Et je vous avoue que toutes les fois que nous sommes allés en brousse, ce n’était pas de gaîté de cœur. Nous voulons aujourd’hui rester pour de bon.


L’Indép : Vous allez toujours rester à Kidal ou bien vous accepterez une éventuelle mutation?

H.A.F : Dans l’Accord d’Alger, il n’est pas question de mutation. Ce document parle d’unités spéciales dans lesquelles nous devons évoluer. Je pense qu’avec notre retour, elles seront opérationnelles.


L’Indép : Est – ce à dire qu’en tant que militaire, vous ne voulez pas quitter Kidal pour servir dans une autre localité du pays ?

H.A.F : Mon souhait est de rester à Kidal mais je ne sais pas ce que la hiérarchie va décider. Cependant, au cas où je serais muté, si je vois que les conditions sont bonnes, il n’y a pas de problème, je partirais.

L’Indép : Maintenant comment allez- vous travailler pour le retour de la paix ?

H.A.F : Je suis un partisan de la paix contrairement à tout ce que les journaux de Bamako disent. J’ai toujours milité pour la paix. Seulement si deux parties s’engagent sur un accord, il faudrait que chacune des parties joue sa partition. Manifester contre une violation d’un accord ne veut pas dire que je suis un va t-en guerre.

Je suis revenu pour la paix et j’œuvrerai à ce qu’il y ait toujours la paix.

L’Indép : Comment vous allez faire pour vous entendre avec le Colonel Elhadj Gamou et autres ?

H.A.F : Gamou, c’est qui ? C’est un élément de l’armée. Il n’y a pas de problème Gamou. Il n’y a pas non plus un problème entre moi et Gamou et même avec les autres militaires de l’armée. Ils sont en mission et ils font leur travail. Demain ou après demain, je pourrais être à leur place pour défendre les intérêts de l’Etat malien. Mais, c’est vous les journalistes qui tentez de diviser les gens. Sinon, je n’ai aucun problème avec mon frère, Elhadj Gamou ou tout autre élément de l’armée.Le problème actuel est politique, il n’est pas militaire.


L’Indép : En quoi est-il politique ?

H.A.F : Il est bien politique parce que les revendications sont d’ordre politique et non militaire. Nos revendications sont entre nous et l’Etat.

L’Indép : Quelle est votre principale revendication ?

H.A.F : Je ne peux pas répondre tout de suite à cette question.

L’Indép : les gens ont besoin de savoir à Bamako ce que vous voulez parce qu’ils ne comprennent pas le sens de votre combat.

H.A.F : Nous, nous voulons l’application correcte de l’Accord d’Alger. Nous ne voulons ni diminuer ni augmenter d’une virgule le contenu de ce document.

L’Indép : Qu’est-ce qui est dans l’Accord d’Alger que le gouvernement n’a pas fait ou qu’il a violé ?

H.A.F : Il nous faut revoir l’Accord point par point pour pouvoir vous dire au jour d’aujourd’hui l’état de son exécution. Plus tard, je pourrais vous donner les détails.


L’Indép : J’espère que vous n’allez plus ressortir encore sous prétexte que telle ou telle autre disposition de l’Accord n’a toujours pas été mise en route ?

H.A.F : Ça, c’est Dieu qui décide. Ce n’est pas moi. C’est Dieu qui le sait.


L’Indép : Pour terminer, mon Colonel, votre santé, ça va ? Vous vous êtes relevé de vos blessures ?


H.A.F:
Je n’étais pas blessé. C’est toi qui a écrit que j’étais blessé et que je serai en Algérie pour des traitements. Que non ! Je n’ai jamais tué personne ni attaqué une position de l’armée. Je n’étais pas dans les combats, alors comment pourrais – je être blessé ? Cependant, il y a eu des attaques contre notre position, je m’étais défendu sans grande difficulté.

Que tu me croyes ou pas, c’est ça la vérité. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui plus qu’hier, je me porte bien.

Chahana TAKIOU

L’Indépendant du 19 Février 2009