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Pourquoi les autorités en charge de l’éducation ont-elles laissé cet établissement aussi prestigieux basculer dans cette situation ? Quelle stratégie faut-il adopter pour sortir la FSJE de ce désordre ?

L’école est abandonnée par les professeurs et les étudiants. En faisant un tour aujourd’hui dans la cour de l’établissement on ne rencontre que quelques étudiants et membres de l’administration. Les anciens étudiants, en y faisant un tour aujourd’hui, auront envie de pleurer.

Il est impensable que les cours n’aient pas encore réellement démarré dans certaines filières. Alors qu’en temps normal, les étudiants seraient en train d’attendre les résultats des examens partiels pour se concentrer sur la préparation des examens de fin d’année.

Malheureusement, tout ceci n’est qu’un souvenir aujourd’hui. L’école est devenue un lieu de recherche du profit personnel pour des enseignants qui se disputent les postes de responsabilité (doyen, vice-doyen…). Mais aussi les étudiants se battent pour le poste de secrétaire général de l’AEEM. Donc au détriment de l’intérêt général, chacun y cherche son petit compte.

Aujourd’hui, la Faculté des Sciences Juridiques et économiques traverse une période difficile, sans doute la période la plus noire de son existence. Depuis octobre, date de la rentrée des écoles, les choses vont mal. Les résultats des examens de l’année scolaire écoulée ne sont pas définitivement publiés. Car d’une part, il y a les résultats du Décannat, et d’autre part ceux de la commission mise en place par le Recteur.

La violence a atteint son paroxysme à l’établissement ces dernières années où les assemblées générales se tiennent dans l’insécurité totale. Les loubards font souvent irruption dans la cour et des étudiants sont blessés. C’est dans de telles circonstances qu’est survenue la mort de l’étudiant Papou. En plus des étudiants, les professeurs, qui doivent donner le bon exemple, ne sont pas du tout sans reproche. Certains d’entre eux se sont donnés en spectacle devant leurs collègues et les étudiants.

Que c’est dommage. Quel bon magistrat, avocat ou administrateur pour se limiter à ces corps seulement peut-on former dans ces conditions ? Il faut que cette école retrouve toute sa sérénité ; il y va dans l’intérêt de tous. Les étudiants ont besoin d’être bien formés, ce sont les cadres de demain. Et on constate que l’école apparaît pour certains hommes politiques un lieu privilégié pour véhiculer leurs idées et recruter des militants. Non, elle n’est pas faite pour ça. L’activité politique doit se dérouler en dehors de l’école.

C’est du côté des professeurs que le problème se pose beaucoup. Ils sont divisés en clans. Personne ne criera au scandale si le Ministère en charge de l’Education prend ses responsabilités en redéployant certains d’entre eux afin que l’école puisse retrouver le calme.

Mamadi TOUNKARA

1er Avril 2005