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Les problèmes essentiels de l’élevage se résument dans la transhumance, les maladies, les rapports avec les agriculteurs, les agents des eaux et forêts et la sécheresse. Pour respecter les exigences écologiques (couvert végétal) et les besoins des animaux (bétail), les éleveurs ont organisé des rythmes de déplacements saisonniers (transhumances) ou exceptionnels (migration). Cette mobilité, quelle qu’en soit la forme, est actuellement une nécessité absolue du système pastoral. Malheureusement, depuis un certain temps, les transhumants sont confrontés à de nombreuses difficultés. Il s’agit, entre autres, du rançonnement et du manque de pâturage.

Cette année, depuis le début de la transhumance, les éléments des cantonnements forestiers de Bougouni et de Yanfolila (Bougouni, Garalo, Manankoro, Filamana, Koloni) sévissent, voire rançonnent les pauvres éleveurs. Les lieux de capture importent peu : dans la forêt classée, aux abords de la forêt classée, dans les villages, aux abords des villages, entre deux villages, avec ou sans hache, de coupe-coupe, l’essentiel, c’est d’être un transhumant. De nombreux bergers ont été victimes de coups et blessures et d’autres ont été contraints à payer des sommes exorbitantes.

Sans reçu s’il vous plait ! Pour preuve, au début du mois de mars, un transhumant du nom Bobely Diallo a été arrêté au bord d’un puits en dehors de la forêt classée. Il a été gardé à vue pendant deux jours par le chef du cantonnement forestier de Bougouni. Il n’a recouvré la liberté qu’après avoir payé la somme de 200 000 FCFA. Le lundi 16 avril dernier, les éléments de Yanfolila ont arrêté à côté du village de Bourakala, un berger du nom Mody Bolly au motif qu’il a élagué des arbres. Son père, ayant appris la nouvelle, s’est présenté devant le chef du cantonnement forestier pour se voir infliger une amende de 100 000 FCFA contre la relaxe de son fils.

Face à cette souffrance des transhumants, les responsables du syndicat national des éleveurs et marchands de bétail ont adressé une correspondance au ministère de l’Elevage et de la pêche. Dans cette lettre, ils indiquent que les éleveurs sont privés de leur liberté, entre autres, la libre circulation en terre malienne. Les sommes d’argent payées par éleveur aux forestiers sont faramineuses. En effet, elles varient entre 50.000 et 500.000 FCFA. Selon eux, il est temps d’agir dans le sens du changement, de la justice, de la responsabilité de l’Etat, de l’autorité de l’Etat pour un Mali nouveau, démocratique et juste.

S’agissant du manque de pâturage, ils ont affirmé que 50% des bétails se trouvent actuellement en dehors du territoire malien. Une situation provoquée par certains paysans qui brûlent les terres. Obligeant du coup les éleveurs à aller ailleurs.

Bandiougou DIABATE

L’Indépendant du 23 avril 2012