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Où allons nous ? C’est la question sur les lèvres du citoyen lambda. Le chef de l’Etat a semé le scepticisme chez les Maliens et écourté l’espoir de ceux-là qui avaient cru à l’avenir du pays. Il a lâché le mot : « nous ne pouvons plus ». Ou encore « bè be i babolo » (chacun a son sort entre les mains de sa maman).

ATT s’en est pris avec des mots durs à l’endroit des parents d’élèves, qui n’exercent plus leurs devoirs de parents. Deux préoccupations ont certainement attiré l’attention des auditeurs. A savoir : l’école et la flambée des prix des denrées de première nécessité.

« Beaucoup de parents d’élèves ne connaissent même pas les classes de leurs enfants », a-t-il dit. Les bailleurs de fonds qui se soucient peu des intérêts de la population à ses yeux en ont pris pour leur grade. Idem pour les opérateurs économiques, spéculateurs de prix des denrées alimentaires qui ne pensent qu’à leurs poches. ATT a mis effectivement le doigt sur certains maux de la nation. Cependant, le citoyen de Watagouna (vers la frontière nigérienne) qui était devant son petit écran est resté sur sa fin, car le grand orateur du jour n’a pu dire concrètement ce qu’il a pris comme disposition pour résoudre les problèmes sociaux, se contentant d’affirmer qu’il a instruit au Premier ministre ce qui serait le Mali de « demain ».

Le pays va droit au mur

A propos de l’école, ATT après avoir lancé une pique aux enseignants et aux parents d’élèves a demandé aux femmes de s’impliquer pour que l’école malienne soit sur les rails. « Il faut se dire la vérité, il n’y a pas d’école depuis vingt ans ». Notre pays va-t-il droit au mur ? ATT a-t-il montré son incompétente à trouver une solution aux problèmes scolaires ? Ou a-t-il désavoué ses ministres en charge de l’éducation ? Toujours est-il que l’opinion commence à s’inquiéter quant à l’avenir de l’école malienne. « Comment voulez-vous avoir du boulot sans que vous ayez le niveau ». Ces propos venant du président de la République prouvent à quel point l’on est loin du slogan « une école performante » et l’incapacité des autorités à résoudre la crise scolaire.

La montée en flèche du prix du sac de riz a occupé une place de choix dans l’allocution d’ATT. Se déclarant consommateur et acheteur de riz, il a reconnu la hausse du prix des denrées alimentaires. « Le prix du riz cette année, comparé à celui de l’année dernière à la même époque est plus cher », explique ATT. Cela est dû, à ses dires, à la montée du cours de cette céréale sur le marché national. « D’ici juin et juillet où allons nous trouver du riz », s’est-il interrogé avant d’ajouter que « à chaque fois que le gouvernement a fait des exos à certains commerçants, ceux-ci ont fini par augmenter le prix des céréales. Cette fois on le donnera à tout le monde. Si tous les Maliens peuvent aller chercher du riz, qu’ils aillent le chercher. Des facilités seront accordées à cet effet ».

ATT a tous les moyens de mettre le grappin sur ces « vampires » surtout lors qu’il a lui-même reconnu que l’Etat a donné des exos à ces importateurs de riz mais qui ont fini par gruger les autorités.

M. le président, tous les Maliens ne peuvent pas aller chercher du riz.

Amadou Sidibé

10 mars 2008