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Le Mali a-t-il épuisé toutes les cartes juridiques en sa main pour contenir la rébellion armée qui sévit dans le nord du territoire nationale ? A l’évidence, la réponse est négative. Mais de quelle marge de manœuvre dispose encore le pays dont les deux tiers sont sous occupation de groupes liés à Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) ?

«Cette agression et l’occupation du nord de notre pays ont donné lieu à la commission de crimes ignobles ainsi qu’à la violation flagrante des droits humains perpétrés contre de paisibles populations civiles et des éléments des Forces Armées et de Sécurité», a rappelé l’ADPS dans un communiqué rendu public le 28 août 2012. En fait, plusieurs rapports d’organisations des droits de l’homme et du gouvernement malien ont conclu à l’évidence de crimes tels que des viols massifs et collectifs et des crimes de guerre comme des exécutions sommaires. Depuis le 17 janvier 2012, la crise a fait des centaines de victimes et contraint près de 400 000 personnes à se déplacer dont la moitié s’est réfugiée dans des pays voisins.

«Face à cette situation inadmissible qui n’a que trop duré, l’ADPS engage vivement le Gouvernement du Mali à lancer des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre des responsables et complices de ces mouvements criminels», poursuit le communiqué qui «compte sur les pays voisins du Mali et l’ensemble de la communauté internationale pour l’exécution de ces mandats d’arrêt».

Par la même occasion et dans de nouvelles déclarations, l’organisation que dirige l’ancien premier ministre du Mali, le Dr. Soumana Sacko, se dit déçu par des agissements de certains pays dont le Qatar et la Suisse qu’elle condamne. Le Qatar est soupçonné de servir de soutien aux mouvements terroristes et jihadistes. La Confédération Helvétique, elle, est accusée de «parrainage politique et financier» d’une rencontre du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) tenue à Ouagadougou du 23 au 25 juillet 2012, les rebelles étant restés attachés à la partition du Mali.

En conséquence, l’ADPS a invité le gouvernement malien à convoquer l’Ambassadeur de la confédération au Mali pour «lui signifier le mécontentement du Peuple et en tirer toutes les conséquences, y compris la rupture des relations diplomatiques».

Seydou Coulibaly

Le 29 Août 2012

© AFRIBONE