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Pour la deuxième journée consécutive, le chef de l’Etat a rencontré des femmes de militaires au palais présidentiel le 3 février 2012. Rencontre au cours de laquelle ATT s’est expliqué sur la situation sécuritaire au Mali notamment à Aguel hok où l’armée a essuyé d’énormes pertes le 24 janvier dernier.

Si rien n’a filtré officiellement de la première rencontre, celle du vendredi 3 février, a été relayée par la télévision nationale, échanges effectués en bambara. Et le chef de l’Etat s’est voulu rassurant. Il s’est réjoui de l’initiative des femmes de Kati qui, selon lui, lui permettra de s’expliquer sur certaines choses qui lui tiennent au cœur. «Je ne dis pas que je n’ai pas de dette envers le Mali mais mon honneur et ma dignité doivent m’exonérer de certaines accusations» a-t-il souligné, choqué.

Depuis une semaine une folle rumeur fait état d’un carnage perpétrée sur les forces de défense et de sécurité lors de la seconde tentative d’occupation d’Aguel hok par les assaillants le 24 janvier.

Cette situation est intervenue pendant que les forces armées cherchaient coûte que coûte à protéger les élèves de l’institut de formation des maîtres de la ville et leur encadrement. La mission fut une réussite (les intéressés ont été transférés à Kidal) mais au prix d’énormes sacrifices, notamment de perte en vie humaine. Cette situation a été expliquée par certaines informations comme la résultante d’une pénurie de munitions et de nourriture au niveau des soldats sur le front. Le chef de l’Etat a démenti ces allégations. « Il est vrai, a-t-il dit, que les renforts dépêchés n’ont pas atteint leur destination ». Selon des sources, ces renforts seraient tombés dans une embuscade faisant plusieurs victimes et des dégâts matériels.

«Les familles des victimes ne seront pas laissées pour compte. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour eux. L’Etat n’abandonnera personne», a promis ATT. Le président a reconnu que la bataille d’Aguel hok a été ardue et expliqué aux femmes que leurs époux ont été braves. «Ils pouvaient fuir ou faire autre chose mais ils ont préféré la mort pour défendre la patrie et protéger des enfants» a-t-il dit.

Pour récompense de leur héroïsme, des galons supplémentaires sont promis à la trentaine de survivants de cette bataille. Le chef de l’Etat a assuré que les moyens militaires sont à la disposition du Mali et «si la guerre est inévitable, nous la ferons pour combattre les assaillants».

A l’issue de la rencontre, les femmes ont appelé à surseoir aux manifestations qui, il faut le rappeler, ont duré trois jours à Kati et deux jours à Bamako avec à la clé d’importants dégâts matériels. Cependant, elles assurent demeurer vigilantes.

Seydou Coulibaly

04.02.2012

AFRIBONE