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C’est le moins que l’on puisse constater, après la création, le samedi 3 Mai 2008, d’un nouveau parti, l’Union pour le Développement du Mali (UDM-Jama Ka Wassa) par Ibrahima Siby, ancien ministre des Transports et de l’Equipement, sous le régime de Alpha Oumar Konaré.

Et quand on pense surtout qu’Ibrahima Siby a été le secrétaire aux relations extérieures du Bureau Politique Natinal RPM, et le Secrétaire Général de la section II RPM du District de Bamako, on ne peut que faire un constat : le parti des Tisserands d’IBK s’est affaibli. Il s’est fragilisé davantage, puisque Ibrahima Siby a entraîné avec lui beaucoup de cadres et militants du parti d’IBK.

Du coup, le RPM perd du terrain face aux deux mastodontes politiques du moment. En effet, si les échéances de 2009 et 2012 semblent prometteuses pour l’ADEMA-PASJ et l’URD -qui continuent de récupérer non seulement ses égarés et ses démissionnaires, mais aussi d’enregistrer des adhésions massives-, il faut par contre reconnaître qu’elles semblent compromettantes pour le RPM de Ladji Bourama, qui continue d’enregistrer des démissions en cascades.

Les anciennes relations politiques entre deux hommes

Ancien ministre des Transports et de l’Equipement, sous les couleurs de l’ADEMA, le président fondateur du dernier-né des partis politiques (UDM-Jama Ka Wassa), Ibrahima Siby, avait rejoint Ibrahim Boubacar Keïta lorsque ce dernier démissionna du parti de l’Abeille pour créer son propre parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM).

C’est ainsi que le président de l’UDM occupa le poste de secrétaire aux relations extérieures du RPM, avant de devenir le Président Directeur Général de l’Office du Niger, grâce à la complicité de son président, IBK, apprend-on.

Ibrahima Siby devenait ainsi un personnage, voire un maillon incontournable dans la chaîne mise en place pour la promotion et l’implantation du parti du Tisserand dans la zone Office du Niger qui constitue également un important bastion électoral dans le pays.

Lorsque Siby démissionna du RPM pour créer son club UDB qui a soutenu la candidature du candidat Amadou Toumani Touré à l’élection présidentielle de 2007, les militants et cadres Tisserands avaient crié à un coup, sinon un complot politique savamment orchestré par le camp présidentiel.

Selon eux, Ibrahima Siby avait fait l’objet de chantages, par rapport à sa gestion lorsqu’il était à la tête de l’Office du Niger. Toute chose qui a contribué à sa démission du RPM, pour soutenir ATT, soutiennent lesdits militants et cadres-ils. Malgré cette situation désolante, les responsables du parti d’IBK pensaient récupérer leur ancien Sécrétaire Généra, comme la fait l’ADEMA avec Soumeylou Boubèye Maïga.

Mais ce rêve n’a été que de courte durée, avec la création, le samedi 3 Mai 2008, au Pavillon des Sports du stade Modibo Keïta, de l’Union pour le Développement du Mali (UDM-Jama Ka Wassa). Ainsi, la rupture entre les deux hommes (Siby et IBK) venait d’être totalement consommée.

A cet égard, ces propos du nouveau président du parti Jama Ka Wassa ont définitivement sonné le tocsin de cette rupture : “…Nous avons été capables de dépasser nos différences et de travailler ensemble, la main dans la main, pour fédérer nos projets, nos énergies et nos intelligences afin d’offrir, aux Maliennes et aux Maliens un projet de société généreux et crédible…”

En plus de son soutein électoral accordé au chef de l’Etat, lors de l’élection présidentielle passée, le désormais président de l’UDM, Ibrahiam Siby, a indiqué : “Nous appréciions le PDES comme étant une base intéressante pour amorcer un élan dans la quête légitime du progrès du peuple malien…”

Ces propos valent leur pesant d’or politique, quand on se souvient que le RPM fait partie des partis politiques qui n’ont pas apprécié le Programme de Développement Economique et Social (PDES) prôné par ATT.

La menace plane sur le RPM

Nous ne sommes ni en 2009, ni en 2012. Néanmoins, pour un observateur averti de la scène politique, des signes avant coureurs indiquent que des évènements importants secourent la vie de bien des partis politiques. Et pour cause.

Aujourd’hui, tous les partis politiques influents sont en train de multiplier leurs actions, à travers les réconciliations et des renouvellements de structures de base, des réunions et conférences…

Et tout cela, afin de mieux aborder les échéances de 2009-2012. Des partis politiques comme l’ADEMA et l’URD, ont déjà marqué des points en enregistrant des adhésions massives et en récupérant certains de leurs anciens dissidents.

Il n‘est aujourd’hui un secret pour personne que lors des consultations électorales, la jeunesse joue un rôle très important dans la mobilisation des électeurs. Mais malheureusement pour le parti des Tisserands, il vient de perdre une frange importance de sa jeunesse.

Au nombre de ces pertes, il faut citer l’ex-Secrétaire Général du bureau de la jeunesse de la section II RPM, et et non moins secrétaire à l’organisation du Bureau National des jeunes du RPM, Paul Ismaël Boro, un personnage très influent qui a décidé de suivre le président de l’UDM, celui-là même avec qui il a milité au sein du RPM.

L’absence de ce jeune parmi les rangs des Tisserands compromettra t-elle les chances du RPM de ratisser large lors des élections communales de 2009? En tout cas, à cette question, beaucoup d’observateurs politiques ont déjà répondu par l’affirmative.

Moussa TOURE

07 Mai 2008