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A peine élu président de la République à l’issue du second tour de l’élection présidentielle où il a obtenu 77,61% des voix contre 22,39% pour son challenger, Ibrahim Boubacar Keita aurait déjà commencé les consultations pour la formation de son premier gouvernement. Même si la Cour Constitutionnelle n’a pas encore rendu son verdict, ceci n’a pas assez d’enjeu si l’on sait que le camp adverse a promis de n’introduire aucune requête en vue de contester les résultats proclamés par le ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Général Moussa Sinko Coulibaly.

En effet, dès le lendemain du scrutin du 11 aout dernier, bien avant la proclamation des résultats provisoires par les autorités compétentes, Soumaïla Cissé, challenger d’Ibrahim Boubacar Keita au second tour s’est rendu chez ce dernier pour le féliciter de sa victoire. Avant de reconnaitre sa défaite devant l’opinion nationale et internationale. Et le lendemain, il déclarait qu’il n’introduirait aucune requête pour contester les résultats qu’il dit accepter malgré les cas de fraudes qui ont été décelés par son camp.

Dans le camp de Soumaïla Cissé, cette déclaration et cette prise de position du candidat ont été suivies à la lettre. Pendant ce temps, le camp d’IBK savoure sa victoire où l’heure est désormais aux tractations et consultations pour la formation du premier gouvernement de l’ère IBK.

Un gouvernement d’essai face à des défis énormes

Bien que la Cour Constitutionnelle n’ait pas encore validé les résultats proclamés par le ministre en charge de l’organisation des élections, Général Moussa Sinko Coulibaly, les consultations auraient déjà commencé pour la formation du premier gouvernement de l’ère IBK.

Un gouvernement qui aura beaucoup à faire tellement les defis à relever sont nombreux. Et les attentes des Maliens nombreuses.
Surtout après la crise multiforme que le pays vient de traverser. Notamment, la crise sécuritaire, la question de la réorganisation de l’armée pour lui permettre d’assurer sa mission régalienne de sécurisation des populations et de défense de l’intégrité territoriale du Mali, la crise sociopolitique et institutionnelle, la crise du nord où le règlement et la signature d’un accord définitif de paix l’attend avec les groupes armés indépendantistes du nord du Mali.

La gestion de la crise du nord, premier défi à relever pour IBK
En effet, le premier défi à relever pour le président Ibrahim Boubacar Keita sera la gestion de la crise du nord. Si l’on sait que, conformément, à l’accord préliminaire signé entre les groupes rebelles armés et les autorités de la transition, il doit ouvrir les négociations avec ces rebelles, 60 jours après son investiture.

Cependant, ce qu’il faut noter ici, c’est qu’IBK a toujours montré son hostilité à des accords bidon avec les rebelles. L’exemple le plus frappant est sa position par rapport aux accords d’Alger, signés en 2006 par le gouvernement du Mali et les rebelles. Un accord qui n’ arrangeait en rien le Mali.

En effet, le Mali après l’accord de Tamnarasset que les rebelles touareg ont violé a consenti des concessions en signant les accords d’Alger. Un document est signé à Alger le 4 juillet 2006 sous le nom d’« Accords d’Alger pour la paix et le développement de la région de Kidal ». Il contenait, encore une fois, comme dans l’accord de Tamnarasset signé en 1991, la clause de « la délocalisation des casernes militaires maliennes » et la « constitution d’unités spéciales de sécurité composées majoritairement des jeunes ressortissants des régions du nord ».

Le Rassemblement Pour le Mali(RPM) parti politique du président élu, Ibrahim Boubacar Keita a toujours rejeté cet accord qui ne respecte pas le principe de l’unité nationale. Le RPM avait d’ailleurs saisi la Cour Constitutionnelle en son temps, considérant que le texte de l’accord ne respecte pas la Constitution malienne.

Ces cycles de négociations, s’ils avaient abouti à des accords acceptés de tous, auraient pu asseoir la paix totale. Mais tel n’a pas été le cas.
C’est pourquoi, le président que les Maliens viennent de choisir pour les 5 ans à venir doit traiter ce dossier avec diligence en profondeur pour qu’une paix définitive soit retrouvée au nord du Mali.

Un premier point sur lequel les Maliens vont, surement, le noter.
Conscient des nombreux défis et des urgences qui l’attendent, IBK aurait déjà commencé les consultations en vue de la formation de son premier gouvernement. Selon certaines indiscrétions, il s’agirait d’un gouvernement qui sera formé essentiellement d’hommes à poigne et de personnes dont la moralité et la rigueur sont connues de tous.

Dieudonné

20 Août 2013