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«Le lundi 10 septembre restera à jamais gravé dans la mémoire collective des populations occupées de la ville de Gao». C’est en ces termes que le président du Collectif des ressortissants du nord (COREN) a introduit une déclaration.

Ce jour, les intégristes du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ont procédé à des séances de punition collective à Gao. Quatre présumés bandits ont eu, chacun, un pied et une main coupés à l’intérieur du camp militaire où siège le quartier général du mouvement islamiste. Un cinquième a été mutilé publiquement à la place de l’Indépendance de la ville, «sans doute pour frapper les esprits», souligne Malick Alhousseini, président du COREN. Ces mutilations sont intervenues après plusieurs tentatives infructueuses à cause d’un refus et de la résistance des populations.

Le gouvernement, dans un communiqué, a dénoncé des «actes condamnables, qui constituent un déni de tout état de droit» et «traduisent le déphasage entre les intentions chimériques des terroristes et le désir profond des populations». «Le gouvernement tient à renouveler sa compassion à tous les compatriotes vivant dans ces zones et à rassurer l’opinion nationale et internationale que ces crimes ne resteront pas impunis», assure le communiqué gouvernemental. Ce volontarisme, le COREN en doute fortement estimant qu’aucune mesure concrète n’a été prise pour freiner les «barbares de leur œuvre destructrice». «La détermination du gouvernement à rétablir l’intégrité territoriale du Mali est plus forte que jamais» mais cherche d’abord à bénéficier d’un «soutien approprié» de la communauté internationale, assure-t-on.

Faut-il souligner que ces dernières cas d’amputations font suite à celle intervenue dans la ville d’Ansongo le 8 juillet dont la victime était un présumé voleur (amputé de la main). Par ces horreurs, les islamistes entendent appliquer la charia, la loi islamique, et réclament son institutionnalisation en République du Mali. Le nord du pays qu’ils contrôlent totalement depuis avril est soumis à ces exactions. La première fut une sentence de deux cents coups de fouet à un couple non marié accusé d’adultère à Tombouctou en fin mai. Un second couple a été lapidé à Ansongo en juin. Au-delà, les populations sont privées de plusieurs loisirs tels que la télévision, le football ou encore la cigarette.

Seydou Coulibaly

Le 12 Septembre 2012

© AFRIBONE