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Le processus électoral sensé tourner la page de la crise de mars 2012 n’est pas parachevé. La raison : les régions du nord qui sont en proie à l’insécurité, conséquence des combats entre groupes armés. Ce qui a amené le gouvernement à repousser les communales quatre fois de suite. Pour l’Observatoire pour les Elections et la Bonne Gouvernance au Mali, cela met en péril le processus démocratique. L’Observatoire l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse tenue samedi dernier à son siège.

Ces reports à répétition, à en croire le président de l’observatoire, Ibrahim Sangho, ne sont pas de nature à consolider la démocratie. C’est la raison pour laquelle l’Observatoire souhaite que le gouvernement fasse des propositions concrètes pour rassurer tous les acteurs concernés. Car la tenue des élections locales et régionales constitue un pan important pour boucler le processus électoral enclenché en 2013. Pour la crédibilité même du processus, il est nécessaire que tous les acteurs comprennent les contours de la situation. Le principal acteur clé du dispositif de sensibilisation reste la société civile qui, malheureusement ces deux dernières années, n’a pas bénéficié de financement adéquat pour jouer son rôle de sensibilisation susceptible de mobiliser l’ensemble des Maliens et des Maliennes autour des élections communales et régionales. L’observatoire n’épargne pas non plus le gouvernement et surtout le département de l’administration territoriale qui est l’acteur principal de la tenue des scrutins à venir. Selon Ibrahim Sangho, ce département n’a produit aucun chronogramme pour la tenue des élections communales et régionales. La classe politique aussi, de l’avis de M. Sangho, a une part de responsabilité car elle n’a posé aucun acte pour dénoncer les reports à répétition.

La CENI n’est pas restée en marge des critiques de l’Observatoire. Car pour l’Observatoire la structure en charge d’organiser les élections coûte chère à l’Etat alors que les rendements produits sont insuffisants. Face à ces constats qui ne sont pas de nature à renforcer le processus démocratique, l’Observatoire interpelle tous les acteurs afin de respecter les engagements pris vis-à-vis du peuple malien. Pour Ibrahim Sangho le préalable serait le parachèvement du processus électoral. Ce qui nécessite impérativement la publication d’un nouveau chronogramme électoral pour les communales et régionales à venir. Il faut aussi, a ajouté le conférencier, une synergie d’actions entre la société civile et le gouvernement pour l’ensemble du processus. Ce qui passe par la mise en place d’un cadre permanent et opérationnel de concertation entre ces deux entités. M. Sangho de préconiser la mise en place de véritables programmes de sensibilisation et d’éducation civique en étroite collaboration avec les organisations de la société civile nationales spécialisées sur les questions de gouvernance, de démocratie et d’élections au Mali. Au cours de la conférence, l’attitude des donateurs a été décriée car ces derniers ne financent que les ONGS internationales au détriment des structures locales qui pourtant sont incontournables dans le processus électoral. L’Observatoire, dans les prochains jours, entend mener d’autres actions de plaidoyer pour expliquer le bien-fondé de son plaidoyer pour ne pas créer un vide susceptible de porter un coup au dernier scrutin susceptible de mettre fin au processus électoral entamé en 2013.

Badou S. Koba

Le Carrefour du 12 Novembre 2015