Partager


La machine de l’opposition malienne semble bien grippée en cette période de crise qui traverse le pays. A quoi vont servir ces partis politiques qui se réclament de l’opposition politique s’ils se contentent d’étaler les faiblesses de la mouvance présidentielle ? Les opposants maliens sont-ils de bonne moralité ?

De 2002 à nos jours, tous les partis politiques ayant viré à l’opposition ont-ils mal compris ou mal enterprété le sens d’une opposition politique? Parmi ces partis il y a RPM, PARENA, SADI, CDS, UNPR, entre autres. Ces différents partis en réalité font beaucoup de tapages leur permettant de voiler leurs lacunes. Ils sont tous en perte de vitesse et de crédibilité. D’où ils se casent dans un clan de telle sorte qu’ils puissent être vus et entendus. Aussi, faudra-t-il souligner que ces partis ne soufflent pas dans la même direction.

L’orgueil du RPM

Le parti du Tisserand, le Rassemblement Pour le Mali (RPM) est le grand perdant de la classe politique de 2002 à nos jours. De la cinquantaine de députés en 2002 à onze députés à la législature en cours, IBK et les siens sont en train de prêcher dans le désert. Lorsque le RPM fait une intervention pertinente, il est apprécié à sa juste valeur.

Il suffit de rappeler la position radicale de Ladji Bourama en 2006 face à la nouvelle rébellion dont l’ingérance a conduit à une situation inexplicable de nos jours. La force du RPM provenait réellement du CNID et du MPR qui ont fini par l’abandonner compte tenu de son orgueil et du caractère très possessif de ses leaders.

Union RPM-URD?

Par ailleurs, le rapprochement RPM-URD qui avait défrayé la chronique après la réélection du Général ATT est terminé en queue de poisson. Les idéaux des deux partis ne convergent point. Et pire, entre IBK et Soumaïla Cissé le courant ne passe pas depuis la démission du président du RPM de l’ADEMA-PASJ.

De nos jours, le RPM est en train de battre les ailes et ses leaders feraient mieux de remettre de l’ordre dans leurs rangs. Dans beaucoup de localités, le parti du tisserand se vide au profit d’autres formations politiques censées être mieux éclairées que lui.

La déroute du PARENA

Le parti du belier blanc a subitement changé de camp après l’interpellation de son président Tiébilé Dramé suite à sa gestion douteuse à la tête de l’organisation du sommet Afrique-France tenue à Bamako en décembre 2005. En réalité, le PARENA est mécontent de son traitement par Koulouba. Précisément, les leaders du PARENA voulaient des postes de responsabilité.

Vers la fin du 1er mandat d’ATT, le PARENA s’est écarté de la gestion des affaires de l’Etat alors qu’il avait fait des propositions de projets de réformes pertinentes. Le parti du bélier blanc n’est pas habitué à militer dans l’opposition et de nos jours, peine à retrouver ses repères.

Sadi et son chemin solitaire

De sa création à nos jours, le parti SADI n’a pas cessé d’animer la scène politique sur des problèmes comme le refoulement des émigrés maliens, l’ingérance des terres à l’Office du Niger, la cherté de la vie, la corruption entre autres. Mais le problème du parti SADI est que ses leaders n’ont pas toujours les pieds sur terre tels des idéalistes.

Ils pensent pouvoir réaliser des projets à perfection. De ce fait, le parti SADI ne souffle pas dans la même direction que le RPM et le PARENA. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la classe politique malienne n’a pas une opposition convaincante, car les leaders sont prêts à vendre leur âme au diable.

B.S

05 Septembre 2008