Partager

A la fin de chaque Maouloud, le guide spirituel d’Ançardine international, Chérif Ousmane Madani Haïdara, organise un point de presse pour rendre compte de l’organisation mais aussi pour aborder l’actualité du pays. Le samedi 24 janvier, à son domicile, il s’est inquiété de la recrudescence de la crise à travers l’interpellation possible d’ATT par les nouvelles autorités.

jpg_une-2570.jpgAux termes de Maouloud-2014, Chérif Ousmane Madani Haïdara a organisé le samedi dernier un point de presse. A la naissance comme au baptême, le guide des Ançardine a appelé le peuple malien à la réconciliation tout en prônant la paix. Si la justice est le moteur principal de la paix et de la réconciliation, le Chérif craint qu’elle ne dégrade la situation actuelle.

S’agissant de l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, visé par la justice pour « haute trahison », le Chérif Ousmane Madani Haïdara a déploré que cette interpellation risque la recrudescence de la présente crise sociale.

« Si les autorités veulent juger ATT pour haute trahison, ATT ne sera pas le seul, mais plusieurs autres personnalités risquent de se retrouver derrière les barreaux, ce qui peut être la source d’un nouveau soulèvement populaire », a-t-il déploré, ajoutant que tout est vérifiable, mais que ça serait une marche à reculons si nous voulons tout mettre au clair.

Pas candidat au poste de président du HCI

On ne peut pas oublier les faits mais on peut pardonner pour faire face à l’avenir, a-t-il ajouté. Si cette interpellation d’ATT pouvait réconcilier les Maliens, le Chérif exige qu’elle ait lieu, pour le bonheur du peuple.

Quant à la situation de Kidal, Haïdara sollicite une négociation avec les groupes rebelles. Il a profité l’occasion pour lancer un appel au peuple à donner plus de temps aux autorités pour la résolution définitive de cette crise du Nord.

Le mandat du président du Haut conseil islamique étant arrivé à son terme, Ousmane Madani Haïdara, a affirmé qu’il ne sera jamais candidat pour ce poste. Il a invité les autorités à éviter la malhonnêteté, qui serait aussi à la base de la crise actuelle.

Pour la paix et la réconciliation, Chérif Ousmane Madani Haïdara s’est dit prêt à jouer sa partition, conviant l’ensemble des communautés musulmanes à l’union sacrée.

Maliki Diallo

L’Indicateur du Renouveau du 27 Janvier 2014

– —

Eventuelle poursuite contre ATT : Chérif Ousmane Haïdara invite les autorités à faire la part des choses

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée à son domicile, avant-hier, le guide spirituel du mouvement Ançar Dine a été amené à se prononcer sur des questions d’actualité : la réconciliation nationale, la situation de Kidal, la guerre en République Centrafricaine, la traduction éventuelle de l’ancien chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, devant les tribunaux, entre autres.

Pour l’occasion, Chérif Ousmane Madani Haïdara était entouré de certains de ses proches collaborateurs, notamment Thierno Hady Thiam. Cette conférence qui vise traditionnellement à faire le point des festivités du «Maouloud» (naissance et baptême du Prophète musulman) est aussi une occasion pour le Chérif de donner son point de vue sur des questions d’intérêt national et international. Ainsi, les échanges avec les hommes de médias, ce samedi 25 janvier, avaient essentiellement porté sur l’épineuse question de la réconciliation nationale, la guerre interconfessionnelle qui déchire la Centrafrique, la confuse situation de Kidal, mais aussi et surtout la volonté exprimée par les nouvelles autorités de poursuivre le président déchu pour haute trahison.

Sur ce dernier point, Ousmane Madani Haïdara a invité le Gouvernement du Mali à bien se pencher sur l’opportunité d’une poursuite contre l’ancien chef de l’Etat, avec la ferme conviction que la responsabilité du seul ATT peut difficilement être retenue dans ce dossier. «ATT a déjà fait son règne. Grâce à Dieu, nous avons de nouvelles autorités. Si, en pardonnant à l’ancien président, cela peut amener le Mali à se stabiliser, qu’il en soit ainsi. Mais, si les autorités jugent au contraire que la réconciliation nationale passe par la traduction d’ATT devant les tribunaux, alors qu’elles le poursuivent. Ce qui est certain, c’est qu’il a agi avec beaucoup d’autres qui pourraient éventuellement se voir interpellés», a-t-il laissé entendre.

Au sujet de la crise du Nord, le guide des Ançars s’est dit prêt à battre le pavé pour que Kidal soit libre. Malheureusement, a estimé le Chérif, la situation de Kidal dépasse ce cadre. «Il faut que nous embouchons la même trompète que ceux (entendez des puissances extérieures à notre pays) qui nous dirigent et qui ont décidé de conduire le Mali sur une autre voie», a-t-il suggéré. M. Haïdara est d’autant convaincu que la situation de Kidal doit trouver sa solution hors du Mali qu’il dit ne pas comprendre comment, pendant environ 50 ans, nous soyons toujours là à tourner en rond pour tenter de calmer cette petite portion de notre territoire.

Sur un tout autre plan, l’orateur a levé l’équivoque sur sa position par rapport à la présidence du Haut conseil islamique. «Je ne suis pas candidat et je n’ai jamais été candidat. D’ailleurs, je n’ai jamais participé à la mise en place d’un bureau du HCI», a précisé le Guide, rappelant que ses charges ne lui permettent pas de jouer cette fonction.
Il a enfin rassuré de jouer toute sa partition dans le chantier crucial de la réconciliation nationale enclenché par les autorités nationales. Toute chose à laquelle il s’attèle d’ailleurs depuis. Chérif Ousmane a ainsi appelé ses compatriotes à la droiture, une valeur, dit-il, incarnée par le président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keïta qui, de son avis, est en train de poser les jalons du Mali de nos rêves.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 27 Janvier 2014