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C’est sous une pluie battante que les militants et sympathisants du Collectif des ressortissants du Nord (Coren) ont tenu hier mercredi un sit-in au monument de l’Indépendance. La manifestation a pris fin par la lecture et la remise d’une déclaration au Premier ministre dans laquelle ils s’élèvent contre l’inaction du gouvernement dans la crise au nord.

Plusieurs centaines de manifestants composés des militants du Coren, d’associations religieuses et de la société civile ont manifesté, hier au moment de l’Indépendance sous une pluie diluvienne, leur mécontentement sur le silence et l’immobilisme du gouvernement face à la situation du Nord. Etaient présents Ousmane Issoufi Maïga, ex-Premier ministre, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, président du Haut conseil des collectivités territoriales, des élus du Nord.

Les manifestants exprimaient leur colère à travers des slogans : « L’armée au front », « Les jeunes au front », « Nous voulons des armes pour libérer le Nord », « Libérez le Nord ! », « La guerre maintenant ».

Le sit-in était encadré par des éléments de la garde nationale, de la gendarmerie et de la police. Aux termes de la manifestation, Abdoulaye Albadia Dicko, le secrétaire général du Coren, a lu une déclaration devant les manifestants.

Dans cette déclaration, le Coren déplore que les nouvelles autorités en place depuis près de trois mois ne semblent guère préoccupées par le drame qui prévaut au Nord. Le Collectif condamne le minage de nos terroirs, la profanation des tombes et la destruction des mausolées. Il demande au gouvernement de décréter sans délais un deuil national à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires.

« Les ressortissants du Nord demandent à la communauté internationale, notamment la Cédéao, l’UA, les Nations unies, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique et à l’Algérie d’intervenir sans délais pour faire cesser le chaos et le génocide naissants. Les ressortissants du Nord demandent avec insistance au gouvernement malien de faire parvenir sa lettre de requête à la Cédéao sans délais pour nous venir en aide et exigent du gouvernement la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) », a déclaré Abdoulaye Albadia Dicko.

La déclaration a été remise au Premier ministre par une délégation de 16 personnes composées des membres du Coren, d’associations religieuses et de la société civile.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 5 Juillet 2012