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Le forum malien d’appui à la démocratique et aux droits humains (FOMADDH), dans le cadre de la campagne présidentielle, a initié une activité qui consiste à amener les candidats à répondre à un certain nombre de préoccupations de la société civile malienne. Sous des tentes touaregs, plantées dans la pelouse verte, non loin de la piscine, dans l’arrière cour de l’hôtel Salam, des responsables d’organisations de la société civile font face au candidat Dr. Oumar Mariko. En partenariat avec Oxfam Grande Bretagne, le FOMADDH a invité le candidat du SADI, le mercredi 18 avril 2007, à un jeu démocratique. Dr Oumar Mariko, candidat du parti SADI à l’élection présidentielle, dans ce jeu démocratique, devait répondre à une série de questions de la société civile. Une première série de questions étaient relatives à la gouvernance démocratique. La deuxième série de questions devait amener le candidat à se prononcer sur sa stratégie de lutte contre la pauvreté.

Très en verve et très à l’aise, Dr. Mariko, pour la diversification de l’agriculture, a levé le voile sur sa stratégie de développement du secteur. En ce qui concerne l’approvisionnement des populations en eau potable, le candidat du parti SADI a indiqué qu’il fera appel à des technologies simples et moins coûteuses pour permettre à la population d’avoir accès à l’eau potable, même dans le Mali profond.

Il s’est aussi prononcé sur les accords de partenariat économique (APE). D’entrée de jeu, Dr. Mariko a affirmé qu’il ne croit pas qu’il y ait un partenariat entre les pays ACP et l’Europe. « Il y a plutôt soumission« , a-t-il déclaré. Pour Dr. Mariko, il faut que les africains et les Maliens en particulier, arrivent à la conclusion que l’Europe ne va pas aider l’Afrique à se développer, encore moins l’Amérique. Il a affiché son opposition contre l’extraversion de nos économies et proposé d’exploiter la complémentarité entre les pays africains.

Quant à la transparence budgétaire et la lutte contre la délinquance financière, Dr. Mariko a fustigé la multitude des structures qui interviennent dans la lutte contre le fléau. Selon lui, cela crée une confusion dans la lutte contre la corruption. « Le problème de la lutte contre la délinquance financière au Mali n’est pas un problème de structure, mais plutôt un problème d’hommes« , a-t-il déclaré. Avant de proposer de faire émerger des cadres valeureux au niveau de la justice.

Dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté et l’accroissement des revenus des populations, le candidat du parti SADI a déclaré qu’il commencera par nationaliser toutes les entreprises stratégiques. Il a aussi annoncé qu’il fera tout pour que la terre revienne aux paysans et non aux fonctionnaires. En ce qui concerne les lois sur l’éducation, Dr. Mariko a affirmé qu’elles ne peuvent pas être appliquées parce qu’en contradiction avec les objectifs de la Banque Mondiale et du FMI.

« Mais dans le secteur de l’éducation, je suis convaincu que notre salut réside dans la promotion et l’utilisation des langues nationales« , a-t-il déclaré. Refusant le taux de scolarisation estimé à 75% en 2005-2006, Dr. Mariko estime qu’il va engager une politique vigoureuse en faveur de la santé et de l’école.

Selon lui, tout sera mis en œuvre pour doter les écoles communautaires et les centres de santés communautaires de personnel qualifié aux frais de l’Etat. « Si ont ne peut pas scolariser tous nos enfants en âge d’aller à l’école, il faut qu’on arrête de faire la politique et nous battre pour les suffrages du peuple« , a-t-il conclu.

Assane Koné

20 avril 2007.