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Le Vérificateur général Sidi Sosso Diarra était face à la presse le samedi dernier, pour une cérémonie de présentation de vœux suivie d’une conférence de presse. Une tribune toute trouvée par lui pour s’expliquer sur la crise née du renvoi par lui de certains de ses collaborateurs et les accusations de malversations financières dont il est l’objet.

La présentation de vœux à la presse est une expérience inédite pour le Bureau du Végal qui se limitait jusque-là à rendre public son rapport annuel aux médias. En présentant ses vœux à la presse, Sidi Sosso Diarra, au centre d’un contentieux, avec certains de ses collaborateurs et qui fait l’objet d’accusations de toutes sortes a fait montre d’un besoin réel de communication.

Le 31 décembre 2008, le Végal a remis des fonctionnaires (magistrats, officiers de police, financiers, administrateurs, etc.) à leur corps d’origine. Ce qui est à l’origine d’un bras de fer au Bureau du Végal qui a été porté devant les tribunaux.

Sur la question, Sidi Sosso Diarra a expliqué qu’il n’a fait qu’appliquer les dispositions légales. Il a affirmé que l’ensemble du personnel recruté s’était engagé au départ à prendre une disponibilité et à se mettre au service exclusif du Bureau du Végal.

Selon lui, certains ont tenu parole, d’autres non. Aux dires de Sidi Sosso Diarra, la crise est née lorsqu’il a voulu homogénéiser la situation de ses travailleurs en les mettant sur le même statut « de fonctionnaires en disponibilité ». Il dit être allé voir le ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.

Le clash, à en croire le Végal, est venu du ministre qui a « mis systématiquement en détachement tous les agents de la fonction publique y compris ceux qui étaient en disponibilité sans l’avis du service employeur dont il est le patron ».

Et de poursuivre : « Face à cette situation, je suis allé voir le ministre pour lui dire que je ne suis pas d’accord, parce que je n’ai rien demandé et ce n’est pas normal. Dans ce cas, on applique la conclusion logique en appliquant les dispositions légales en ce qui concerne le détachement qui est un prêt. Je vous donne quelqu’un, le jour où je n’en veux pas je vous le retourne ».

Il dit avoir reversé sur cette base les fonctionnaires à leur service d’origine pour éviter qu’ils aient deux statuts en restant sous la coupole de leur administration d’origine et du Bureau du Végal qui a un statut relevant du secteur privé avec un contrat de travail à durée indéterminée.
Perte de sang-froid

Sidi Sosso Diarra s’est inscrit en faux contre les accusations de malversations portées contre sa personne. Le trou de 700 millions relevé sur l’exercice 2005 par la presse après le passage de la Section des comptes de la Cour suprême n’en n’est pas un, selon lui. Il a fait intervenir son Daf, M. Diop, qui a expliqué qu’il s’apprêtait à restituer ladite somme au Trésor public.

Mais le Trésor qui devait à son tour leur allouer 2 milliards CFA au titre de reliquat de budget avait pris du retard. Ils ont alors préféré garder les 700 millions CFA de 2005 et les 950 millions de 2006 en attendant les 2 milliards du Trésor. « Nous avons déjà reversé au Trésor 230 millions CFA, la première année de notre fonctionnement », a estimé M. Diarra. Selon lui, la Section des comptes ne l’a jamais épinglé sur quoi que ce soit.

L’affaire du numéro d’identification (Nif) de DFA Communication attribué à Afrique Search de Dider Accouatey a été mise au compte d’une erreur matérielle. « C’est juste une question de couper coller. Nous avons même écrit à la direction générale des marchés publics et aux impôts. Les 3 % de droit d’enregistrement du contrat et les 18 % de la TVA ont été payés. Le patron de DFA m’a appelé qu’il ne m’en tient pas grief », a expliqué le Végal.

S’agissant d’un autre cas où deux sociétés sénégalaises ont été payées sur le même compte bancaire, le Végal dit à qui veut l’entendre que cela n’est nullement un crime en matière de gestion. « Même si c’est cent sociétés qui me donnent le même numéro de compte, je suis tenu de les payer », a-t-il indiqué.

Interrogé sur l’absence au présidium de son adjoint, le contrôleur général Modibo Diallo, Sidi Sosso Diarra a failli perdre son sang-froid et s’est même emporté en demandant à celui qui a posé la question de s’adresser à l’intéressé. Il a été davantage choqué lorsqu’une question subsidiaire lui a été posée : il semble que vous faites l’objet d’une plainte auprès du procureur de la République, le juge anticorruption Sombé Théra, pour faux et usage de faux de la part de votre adjoint ?

« Je n’ai pas vu de plainte me concernant de la part du procureur. Que l’adjoint fasse ce qu’il veut, le procureur fera son travail » , a-t-il répondu. Et d’ajouter : « je n’ai fait usage de faux nulle part. Je ne suis pas payé pour gendarmer les consultants. Je ne peux pas décortiquer tous les comptes bancaires, les Nif des sociétés ». Il a réservé une fin de non recevoir à ce genre de question, estimant qu’il ne veut plus rentrer dans la polémique.


Potins: Prix BVG pour la bonne gouvernance

Le Végal, qui a promis de tisser une relation étroite avec la presse en lui donnant des informations à la source, veut lancer cette année, le prix BVG de la bonne gouvernance. Ce prix, selon lui, va récompenser chaque année, un homme de média qui s’illustrera dans son combat contre la corruption et en faveur de la bonne gouvernance.

Plus de 40 milliards recouvrés en 2006

Le Bureau du Végal a produit en quatre année d’existence 3 rapports annuels et réalisé 75 missions de vérifications sectorielles. L’Etat a recouvré plus de 40 milliards de F CFA en 2006.


Création de deux bureaux régionaux en 2009

Les structures de vérification du Végal seront étoffées en 2009. Sidi Sosso Diarra projette de créer deux nouveaux bureaux régionaux à Kayes et Mopti.

Abdrahamane Dicko

19 Janvier 2009