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Tirant les enseignements de l’invasion acridienne de 2004 et faisant sienne l’adage selon lequel mieux vaut prévenir que guérir, le gouvernement malien a réactivé le dispositif de prévention et de lutte dès l’alerte donnée par la FAO sur la présence de criquets à 150 km au nord-ouest de Nouakchott (Mauritanie).

Au cours d’une rencontre avec la presse, mardi, le ministre de l’Agriculture Seydou Traoré, entouré des représentants du Projet africain de lutte contre le criquet pèlerin (Palucp), de l’Office de la protection des végétaux (OPG) et de la FAO, a fait le point du dispositif en place et les actions déjà entreprises.

« Le conseil des ministres a instruit au gouvernement d’être en situation de veille extrême. Il serait très dommage que les criquets pèlerins viennent détruire l’effort d’une année de travail de nos paysans. Aujourd’hui, les criquets sont signalés en Mauritanie et au Niger. Cela ne doit pas nous emmener dans une certitude qu’il n’y a pas de criquets au Mali », a-t-il informé.

Selon lui, depuis le péril acridien de 2004, l’Unité nationale de lutte contre le criquet pèlerin a redimensionné ses politiques d’intervention, en se basant essentiellement sur la stratégie de lutte préventive et d’alerte précoce.

Cette stratégie se traduit par l’exécution des prospections intensives, d’intervention rapide, de collecte d’information et de communication sur la situation relative à l’évolution du criquet pèlerin dans sa zone de rémission.

En avril 2006, trois équipes ont évolué dans les différentes entités géographiques de l’aire grégarigène où 49 050 ha ont été prospectées. Et depuis cette date, aucune autre activité de surveillance n’a pu être effectuée dans le septentrion compte tenu des problèmes politiques.

Ainsi, face à la nouvelle menace, neuf équipes terrestres de 500 à 600 personnes formées par le Palucp pour le suivi et l’intervention et une cinquantaine d’agents de l’OPV sont déployés le long de la bande frontalière et dans la région des grands lacs.

Les cellules de coordination et de communication sont renforcées avec les représentants des ministères de l’Environnement, de la Protection civile, de l’Equipement et des Forces armées.

Au cas où le pays serait envahi, ce sont 25 autres équipes qui s’ajouteront à ces 9 pour mener la lutte, ce qui nécessiterait beaucoup plus de moyens matériels et financiers et environ 30 100 litres de pesticides, a expliqué le ministre qui s’est rendu hier à Nara et Nioro pour revoir le dispositif et les moyens de lutte et évaluer les besoins.

Le représentant de la FAO, Boucader Bathily, a salué les bonnes dispositions prises par le Mali pour parer à toute éventualité. « La situation n’est pas aussi préoccupante que ça. Mais, comme le criquet surprend toujours, il faut l’éliminer à temps en l’empêchant surtout de pondre ».

Rappelons que le ministre Seydou Traoré a rencontré, mardi, les partenaires techniques et financiers (PTF) du Mali qui se sont dit prêts à recevoir et à examiner les requêtes du gouvernement dans le cadre de la solidarité avec notre pays.

Sidiki Y. Dembélé

19 octobre 2006.