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L’atmosphère était surchauffée lundi dernier dans la salle de réunion du ministère de l’Industrie et du Commerce où s’est tenue une rencontre entre Choguel Maiga et les opérateurs économiques.

L’ordre du jour portait sur l’épineuse question de la flambée des prix des céréales. Le ministre de l’Industrie et du Commerce n’est pas allé par le dos de la cuiller pour dénoncer cette dégringolade : « il est inadmissible qu’on vende le riz à plus de 275 F CFA. Rien ne justifie cette flambée après les immenses efforts fournis par le gouvernement pour approvisionner le pays en céréales » a-t-il martelé.

Le ministre de l’Industrie s’est dit convaincu que le marché est pris d’assaut par des spéculateurs qui anéantissent les sacrifices consentis par l’Etat : « avec les exonérations accordées aux opérateurs économiques pour l’importation du riz et du maïs et ce, malgré l’opposition de nos partenaires financiers, l’Etat a renoncé à plus de 3,5 milliards de FCFA. Mais il y a des réseaux structurés de spéculateurs qui se sont improvisés distributeurs pour polluer le marché ».

Menaces

Si au départ, l’Etat ne voulait pas s’immiscer dans la fixation des prix pour ne pas soulever d’autres problèmes, le ministre Choguel Maiga a indiqué que le gouvernement se verrait dans l’obligation de prendre des mesures administratives pour faire baisser le prix des céréales.

Une décision saluée par les associations de consommateurs qui ont crié leur raz le bol face à cette situation. « L’Etat ne peut pas renoncer à des droits et que des opérateurs économiques s’en accaparent. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités » a souligné le vice-président de l’Ascoma qui a également dénoncé la mauvaise qualité du riz de certains importateurs et la flambée du prix du sucre.

« La direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) mène déjà des investigations sur le marché pour saisir le riz de mauvaise qualité » a dit le ministre.

De leur côté, les représentants des opérateurs économiques importateurs, de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali et le président de l’association des commerçants détaillants Hama Abbas Cissé ont tous jugé la situation inacceptable avant de promettre au ministre des propositions de réduction des prix dans un bref délai.

Ils ont, pour ce qui concerne les importateurs, demandé à l’Etat d’arrêter de fixer des délais courts pour l’importation du riz et de prolonger la mesure de détaxation jusqu’en fin novembre.

Apres avoir fait le point des importations, Choguel Maiga dira que le quota de 50 000 tonnes fixé par le gouvernement a été dépassé. A ce jour, le pays disposerait d’un stock de 72 036 t de riz, 46 250 sont en cours d’acheminement, 45 100 t au port et une commande de 73 000 t en cours soit un taux de réalisation de 144,07%.

Sidiki Dembélé

14 septembre 2004.