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Les différentes confessions religieuses du pays, les notabilités du District, sont sorties de leur silence le samedi 31 mars à la faveur d’un meeting au stade Modibo Kéïta pour prier à l’unisson pour le pays. Elles ont exhorté la classe politique et la société civile à un dépassement de soi. Conscients du fait que la patrie est en danger et l’intégrité du pays entièrement compromise, les leaders religieux ont demandé à tous de mettre l’intérêt supérieur de l’Etat au dessus de toute considération partisane et des enjeux du pouvoir.

C’était en présence du président du Haut conseil islamique Mahmoud Dicko, l’archevêque de Bamako, Jean Zerbo, le révérend Daniel Coulibaly et l’imam Chérif Ousmane Madani Haidara. On notait aussi la présence de certains responsables politiques.

Des milliers de personnes ont pris d’assaut le stade Modibo Kéita le samedi 31 mars pour prier pour la paix au Mali en cette période de crise institutionnelle et sécuritaire. Tous avaient les yeux rivés sur ce qui se passe dans les régions nord du pays et la bataille autour du pouvoir depuis le renversement du président Amadou Toumani Touré.
« L’heure est grave et les nouvelles venant du nord ne peuvent que nous attrister davantage » a déclaré d’entrée de jeu l’archevêque de Bamako Jean Zerbo.

Le révérend Daniel Coulibaly de l’église protestante a appelé les uns et les autres à se battre à la manière de Dieu et non celle des hommes. Ce qui suppose à ses yeux le respect du prochain et l’acceptation de l’autre. Notre rôle fera savoir le révérend de l’église protestante est de promouvoir la paix entre les hommes. Un exercice auquel s’est employé le président du Haut conseil islamique Mahmoud Dicko.

A la classe politique et la société civile, celui-ci a demandé de laisser de côté les considérations partisanes pour sauver le pays. Il a profité de l’occasion pour lancer un appel au MNLA et au mouvement ansardine d’Iyad Agaly d’arrêter les combats au nom de la religion musulmane qui nous unit.

C’est ainsi que dans une déclaration commune, les leaders religieux soucieux de la préservation de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et de la cohésion sociale, ont exhorté l’ensemble des Maliens à la retenue, à la sagesse et à l’apaisement du climat social. Ils ont en outre demandé aux forces vives de la nation de privilégier le dialogue comme outil de négociation et de résolution de la crise que nous traversons. Et d’inviter la classe politique dans ses différentes configurations à mettre l’intérêt supérieur de l’Etat au dessus de toutes autres considérations et enjeux du pouvoir.

Les leaders religieux ont aussi invité la CEDEAO et la communauté internationale à privilégier la concertation pour une solution négociée de sortie de crise.

Les leaders religieux du pays, les érudits et notabilités exhortent le CNRDRE à convenir avec l’ensemble des forces vives de la nation d’un programme de transition assorti d’un chronogramme précis et incompressible de gestion de la crise.

S’agissant de la crise au nord, ils ont demandé aux pays voisins et aux partenaires du Mali d’accompagner et de soutenir les efforts des forces vives de la nation en vue d’y trouver une solution rapide.

Abdoulaye Diarra

02 Avril 2012