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Dans cette période de fièvre électorale, les 18 et 19 juin dernier, l’Institut national démocratique (NDI) a organisé deux importants forums à l’intention des partis politiques et des populations des deux rives du district de Bamako. Ces deux rencontres ont été un véritable face à face entre les premiers et les seconds sur le thème, «accès aux services sociaux de base et citoyenneté».
Le premier forum s’est tenu au Grand Hôtel et a réuni les populations des communes I, II, III et IV et le second au CRES de Badalabougou et a regroupé les ressortissants des communes de la rive droite (V et VI).

Ces deux rencontres étaient présidées par le Directeur résident du NDI au Mali, Badié Hima. L’objectif de ces forums était de rapprocher les politiques et les citoyens en permettant aux premiers de s’enquérir des préoccupations des seconds sur les questions sociales, politiques et économiques, et aux seconds de s’informer sur la gouvernance de l’Etat et sur les projets de société des partis politiques et candidats.

Il s’agissait aussi de susciter des échanges entre les acteurs politiques et les populations en envisageant les solutions possibles, de permettre aux partis politiques et aux candidats d’alimenter leurs projets et programmes de société à partir des problèmes réels des citoyens, de contribuer à rétablir la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens et encourager la participation aux élections générales de 2013. C’est pour cette raison qu’en vue de rapprocher les politiques et les citoyens que le NDI a organisé des fora publics appelés «town hall meetings» (rencontres urbaines) à Bamako et qui devraient se poursuivre dans les régions.

Pour le Directeur résident du NDI, il y a une rupture entre les citoyens et l’élite politique. En effet, durant cette crise plusieurs évènements survenus dans notre pays corroborent cette situation. On peut citer, entre autres, l’agression physique du Président de la République par intérim, symbole de la République et de l’ordre démocratique, les attaques contre les personnalités politiques et l’occupation de l’Assemblée Nationale durant plus d’un mois. Cette rupture entre les citoyens maliens et l’élite politique s’est davantage manifestée lors des évènements liés à l’adoption du Code des Personnes et de la Famille par l’Institution.

Aussi, plusieurs études et enquêtes réalisées montrent que les populations ne s’intéressent pas à la chose politique. C’est le cas, a expliqué le Directeur résident du NDI, de l’enquête Afrobaromètre 2012. En effet, selon cette enquête, près de trois Maliens sur cinq (58 pour cent) interrogés ont déclaré qu’ils «ne se sentent proches d’aucun parti politique», et que les partis politiques se sont avérés les plus faibles de toutes les institutions politiques au Mali.

Il a également annoncé que les résultats de l’enquête d’opinion réalisée par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung indiquent que les principales causes de la crise politico institutionnelle, du point de vue des citoyens du District de Bamako, sont la mauvaise gestion des rébellions au nord et la faiblesse des partis politiques dans leur rôle de contrôle de l’exécutif.

Youssouf Diallo

20 Juin 2013