Partager

une-3226.jpgL’extrémisme violent a un effet dévastateur sur la vie et les moyens de subsistance des populations. Le Mali, un an après la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, fait face aux défis de consolidation de la paix dans un contexte d’émergence de nouvelles menaces à la paix et la stabilité que sont le terrorisme et la violence extrémiste qui affecte les civiles, l’armée et les forces de maintien de la paix (MINUSMA). Les jeunes constituent une proie facile à la violence extrémiste. Avec un taux de croissance de 3,6 %, la population malienne compte 60% de jeunes dont plus de 50% est au chômage. La marginalisation économique et le manque d’emplois favorisent le recrutement de jeunes dans les mouvements extrémistes et terroristes. Ces distorsions entravent la cohésion sociale et hypothèquent la consolidation de la paix et le développement du pays. C’est fort de ce constat que le ministère des affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’intégration Africaine en collaboration avec ses partenaires organise du 28 au 30 juin 2016 au CICB, l’atelier consultatif d’élaboration de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.
La cérémonie d’ouverture de cet atelier était présidée par le ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’intégration Africaine, Abdoulaye Diop en présence de nombreuses autres personnalités. L’objectif général de cet atelier est d’associer tous les acteurs de la sécurité humaine globale des niveaux national et régional aux discussions sur les éléments d’une stratégie nationale de lutte antiterroriste et de prévention de l’extrémisme violent. Prenant la parole, Mme MBaranga Gasarabwe, représentante résidente du Pnud au Mali a fait savoir qu’au Mali, l’expansion de la radicalisation est une menace pour la paix, la stabilité et le développement du pays. Avant d’ajouter que la réflexion sur l’extrémisme violent ou la radicalisation ne doit pas être réduite au seul prisme de la religion. Car, poursuit-elle, il y a l’appartenance ethnique, politique ou le nationalisme qu’il faut tenir en compte. « De manière plus spécifique, dans le nord du Mali, la marginalisation économique et le manque d’emplois et d’opportunités économiques peuvent contribuer au recrutement des jeunes et d’autres segments de la population dans les mouvements rebelles, extrémistes et terroristes», a-t-elle dit.

Pour sa part, l’Ambassadeur des Etats Unis d’Amériques au Mali, Paul Folmsbee a souligné que les questions relatives à l’extrémisme violent et au terrorisme sont des problématiques mondiales qui compromettent la paix, la sécurité, l’exercice des droits humains et le développement, et aucun pays ni aucune région n’est à l’abri de ses effets. Face à ce fléau mondial, dit-il, il est primordial que tous les pays se dotent de stratégies et de plans d’action efficaces pour y faire face.
Quant au ministre Diop, il a indiqué que l’extrémisme violent est aujourd’hui une triste réalité qui mérite une réflexion sérieuse et objective. Et de poursuivre que la radicalisation, notamment de la jeunesse, est une préoccupation majeure que le Mali partage avec le reste du monde.

« Elle nécessite des analyses approfondies sur les racines du phénomène, une bonne appréhension des conséquences sur la société, l’économie et le développement du pays et, enfin, une réflexion globale et inclusive sur les solutions les plus radicales pour l’éradiquer », a déclaré le ministre. A l’en croire, lorsque l’ensemble des acteurs se seront accordés sur l’état des lieux et la même compréhension du phénomène de l’extrémisme violent, ils pourraient plus facilement en détecter les causes et les conséquences tout en envisageant les meilleures voies et moyens de l’éradiquer à travers une stratégie de riposte plus efficace, sous le leadership du Gouvernement. « La bataille contre l’extrémisme violent, nous la gagnerons. Il y va de la stabilité, de la paix, de la sécurité et de la réconciliation au Mali », a conclu le ministre. Durant ces trois jours d’atelier, les participants vont développer plusieurs sujets dont la radicalisation en milieu carcéral.

M.K.Diakité

Le Républicain du 29 Juin 2016