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Il rêvait de devenir président de la République du Niger par la force des armes. Mais mal lui en a pris puisqu’il court le risque de voir sa carrière militaire brisée. Le capitaine Sani Gourouza,  puisque c’est de lui qu’il s’agit, est présenté comme le cerveau de la tentative de coup d’Etat qui, on s’en souvient, avait secoué le Niger dans la nuit du 30 au 31 mars 2021 et ce, à quelques heures seulement de l’investiture du président Mohamed Bazoum. Mis en déroute par la garde présidentielle, le capitaine Sani Gourouza et certains de ses lieutenants avaient pris la poudre d’escampette pour se refugier au Bénin voisin. Mais la cavale n’aura pas duré longtemps. Car, arrêté par les forces de sécurité béninoises, Sani Gourouza qui était déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt, a été remis aux autorités nigériennes qui n’ont pas manqué de saluer un bel exemple de coopération entre Niamey et Cotonou. Quoi de plus normal quand on sait qu’une semaine plus tard, un lieutenant et un adjudant également arrêtés au Bénin, avaient été extradés dans leur pays d’origine ? 

Il faut éviter les procès expéditifs qui frisent les règlements de comptes

Ces arrestations qui viennent s’ajouter à d’autres, vont-elles contribuer à rassurer l’opposition qui, au lendemain du putsch manqué, n’avait pas hésité à parler d’un montage destiné à « se faire valoir » mais surtout à divertir l’opinion nationale et internationale ? Pas si sûr d’autant que Mahamane Ousmane,  même s’il s’est ramolli, n’a toujours pas digéré sa défaite à la dernière présidentielle. Tant et si bien qu’il ne manquera pas, à la moindre occasion, de tirer à boulets rouges sur le régime de Mohamed Bazoum. Cela dit, pour revenir aux putschistes arrêtés, il faut souhaiter que leur soit opposée la rigueur de la loi s’ils sont reconnus coupables à l’issue d’un procès équitable. Il faut éviter à tout prix les procès expéditifs qui frisent les règlements de comptes qui peuvent en rajouter à la situation sociopolitique du Niger constamment en proie à des attaques terroristes meurtrières. Toutefois, quelles que soient les sanctions qui seront prises à l’encontre de ces présumés putschistes, force est de reconnaître que l’armée nigérienne vit un profond malaise ; en témoignent ces coups d’Etat à la pelle dont la plupart ont été déjoués. En effet, le Niger enregistre en moyenne un coup d’Etat tous les deux ans. Qu’est-ce qui peut expliquer cela ? C’est une question à laquelle le président Mohamed Bazoum gagnerait à trouver une réponse, le plus rapidement possible.

B.O