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Le maire s’oppose à un projet de développement

Jouissant d’une santé financière lui permettant d’étendre ses activités, Zeina-Hydro qui bénéficie de la confiance de ses partenaires, a entrepris de renforcer son réseau d’adduction d’eau dans l’intérêt des populations de Moribabougou. Mais la mairie s’y oppose, car elle lorgne du côté du terrain destiné à recevoir un nouveau château. L’opérateur économique exhibe son titre foncier et pourrait mettre le maire en difficulté.

A Moribabougou, l’accès à l’eau potable relevait, il y a seulement quelques années, du parcours du combattant. Aujourd’hui grâce à l’existence de trois châteaux d’eau, cette corvée quotidienne s’amenuise progressivement. Il s’agit d’abord du château de la société Zeina-Hydro, qui est un opérateur de première heure d’adduction et de distribution d’eau dans la commune. Ensuite, il y a le château financé par le PNIR et celui construit par le président de la République.

Si la mairie est impliquée dans la gestion des deux derniers qui relèvent du domaine public, le premier lui échappe totalement parce qu’appartenant à un opérateur économique privé. Et cela ne va pas sans heurt entre la mairie et la société de distribution d’eau.

La société Zeina Hydro qui a une santé financière apte au développement de son réseau cherche à étendre son champ de distribution en construisant un nouveau château de relais. La population bénéficiaire des services de l’opérateur privé ne comprend pas les obstacles posés par la mairie qui entravent le développement de la distribution de l’eau dans la commune de Moribabougou.

Alors que la société est titulaire d’un titre foncier sur le terrain devant recevoir le château de relais (voire fac simulé), le maire Diarrah Diarra ne fait rien pour faciliter la réalisation de ses travaux. Au contraire, il est soupçonné d’être à la base des blocages que connaissent les travaux sur ce chantier où le panneau a été détruit et emporté, le sable et les graviers éparpillés.

Le maire et son entourage sont accusés d’être les commanditaires de telles pratiques condamnables. Ainsi sont indexés la présidente de la coordination des associations et regroupements des femmes de la Commune de Moribabougou (Carfecm), Mme Maïga Yorobo Diarra et le coordinateur de la jeunesse.

Pour soutenir le maire et empêcher les travaux de construction du château, ses inconditionnels n’ont pas trouvé mieux que de payer un crieur public pour appeler leurs militants à occuper le chantier et à tout y détruire.

Alors que Yorobo Diarra tentait de dégager ses responsabilités, le mardi dernier lors d’une conférence de presse à la mairie, les auteurs de ces actes ont récidivé. La conférence de presse aura-elle servi à grand-chose si, juste après, les personnes en cause se livrent aux mêmes actes de vandalisme, comme emportés par un démon ?

Les autorités de la mairie nourrissent le secret désir de voir le propriétaire du terrain se lancer dans des démêlés judiciaires contre les jeunes et ceux qui soutiennent dans l’ombre les actions de vandalisme, ce qui conduira à compromettre les prétentions du distributeur d’eau à agir dans l’intérêt des populations.

De toute évidence, en passant à tabac des reporters de radios et en soutenant des actes de vandalisme, certains membres de la municipalité de Moribabougou se reposent sur des soutiens qui ne disent pas leurs noms.

Le maire Diarrah Diarra et Mme Maïga Yorobo Diarra seraient des protégés de la première dame. Et à ce titre, ils ne manqueraient pas d’occasion pour user et abuser du trafic d’influence, se plaçant au dessus de la loi. (Affaire à suivre).

B. Daou

16 Juin 2008