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«Mali vis à vis», c’est le nom de l’exposition photographique initiée par Afrik. M qui se déroule depuis hier jeudi 10 mai sur le boulevard de l’indépendance.

Pour éclairer la lanterne du public malien sur le sens et les objectifs de cette exposition qui durera 20 jours (10 au 30 mai), la directrice de Afrik-M Sogona Tounkara entourée de certains de ses collaborateurs, était le mercredi dernier face à la presse au Centre culturel français.

D’entrée de jeu, la conférencière soulignera que le projet de cette exposition dénommée «Mali vis à vis» est né de la rencontre de photographes maliens et français qui ont eu envie de confronter leur regard.

Cette exposition est l’œuvre de deux ateliers de quinze jours tenus à Paris et Bamako.

A travers leurs clichés, les photographes ont voulu porter un regard sur la réalité des hommes, femmes et enfants issus de l’immigration, attachés à leur culture d’origine, confrontée à celle des Maliens d’ici.

C’est ainsi qu’ils ont tenté de capturer des instants de vie de la communauté malienne. Ils ont partagé des moments dans les familles, les foyers d’immigrés, dans la rue, les transports en commun.

Ces images soulèvent de nombreux questionnements.

Les photos au nombre d’une trentaine d’images grand format, sont composées de portraits de jeunes, de personnalités, des lieux de vie et d’échanges, parmi lesquels ont peut citer le franco-malien Ladji Doucouré, le journaliste Salif Sanogo, le présentateur de G 21 Abba des vendeurs ambulants, des automobilistes et des enfants etc.

«Mali vis à vis», selon Sokona Tounkara, montre simplement la réalité de l’exil sans aucun moralisme, il montre aussi aux jeunes maliens la vie des Maliens en Occident souvent loin du rêve qu’ils nourrissent. Ces images permettent, selon elle, de soulever beaucoup d’interrogations à savoir comment garder un lien avec le pays d’origine, s’intégrer et être reconnu dans la société, autant de questions que se posent les immigrés ainsi que la deuxième génération issue de l’immigration.

Mais pour nombre d’entre eux, l’émigration représente la seule alternative aux problèmes de chômage, de pauvreté, souvent leur modèle est l’Occident, synonyme de richesse et de modernité. Mais cette fuite vers un monde plus moderne doit‑elle se faire en renonçant à son histoire ? S’interroge la directrice de Afrik-M.

En tout cas l’ambassadeur de France au Mali Michel Reveyrend de Menthon et le secrétaire général du ministère de la culture qui faisaient partie des visiteurs ont apprécié l’idée du projet et le travail accompli par les photographes.


Kassoum THERA

11 mai 2007.