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A l’occasion de la célébration de son 30ème anniversaire au Mali, le Bureau de la Coopération Suisse, en collaboration avec le Centre de Formation de la Photographie, a organisé le vendredi 23 novembre 2007 une conférence de presse au quartier Orange face à l’usine Batexci en zone industrielle. Le principal conférencier était M. Jean Luc Vircheau, Chef du bureau de la Coopération Suisse au Mali; assisté de M. Minga Siddick.

LES OBJECTIFS ET LES ATTENTES

Les organisateurs de cette exposition photo déclarent qu’ils n’attendent rien de particulier en initiant cet évènement. Ils parlent plutôt d’une première expérience qu’ils espèrent être une réussite. L’idée a pris naissance en Suisse puis, elle fut projetée à travers le monde à partir du Bengladesh où elle a pris corps.

Les initiateurs ont choisi dix photographes qui ont été répartis entre quatre continents. Ils ont effectué des reportages photo sur des thèmes aussi variés que divers. A la fin, deux cent photos furent sélectionnées parmi tant d’autres. Derrière chaque photo se cache un récit de la mondialisation.

Ces photos ont été prises aux Etats-Unis, en Chine, en Italie, au Belgique, en Bosnie-Herzégovine, en Angola, au Nigeria entre autres. Le récit tiré de l’histoire de chacun de ces pays constitue un cas unique. L’Italie est le berceau de la mode, l’Angola est partie d’une guerre ethnique à une guerre des ressources, la France est la terre de l’immigration, la pauvreté est une question de survie au Népal. Un lien sacré uni le Brésil au Nigeria.

QUELQUES RECITS D’UNE MONDIALISATION

L’avenir appartient à la ville. D’ici à 2020, les deux tiers de la population mondiale habiteront dans les villes. Au sud de la Chine, dans le delta du Xi Jiang, une véritable mégalopole est en train de se former, ses dimensions dépasseront tout ce que l’homme a jamais imaginé. Quarante à cinquante millions de personnes vivent d’ores et déjà dans cette conurbation qui sert de tête de pont entre l’économie chinoise et le reste du monde.

Retour sur le passé depuis l’avenir de la planète. Avant de gagner l’ensemble de la planète, le rêve idéologique d’un monde ouvert à la libre circulation des biens et des capitaux a pris corps aux Etats-Unis. Mais, le 11 septembre 2001, la superpuissance s’est trouvée soudain confrontée aux conséquences d’un processus qu’elle avait défendu durant tout le XXème siècle.

La nouvelle élite du XXIème siècle et les paradoxes d’une société de consommation mondialisée. Depuis longtemps, la mode italienne est créée par une élite internationale et elle est vendue dans le monde entier, mais son image reste profondément enracinée dans la notion d’italianité.

Les membres de la nouvelle élite, qui se définissent par un style de vie multiculturel mais uniformisé, emboîtent le pas à leurs confrères des autres grandes villes de la planète.
Des ambitions de ceux qui veulent fuir leur monde à l’existence de ceux qui y sont parvenus.

Tandis que le continent européen élabore une nouvelle culture et crée une nouvelle identité “européenne” dans le cadre d’une entité politique supranationale, les banlieues qui gravitent autour des grandes villes attirent de multiples minorités originaires des autres continents. Ce phénomène pourrait changer le visage de l’Europe d’une manière encore difficile à prévoir.

De la résistance à l’asservissement économique à la survie d’une culture à l’époque de la traite des Noirs. Au tout début de la mondialisation, les religions africaines traversèrent l’Atlantique et s’implantèrent au Brésil.

Dans un contexte hostile à la survie des traditions africaines, elles ont joué un rôle central dans la sauvegarde et la restructuration de l’identité culturelle des populations d’origine africaine. Aujourd’hui, le culte nigérian des Orishas survit au Brésil avec une vitalité qui ne se dément pas.

Daba Balla KEITA

26 novembre 2007.