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« Presse-crise » est un condensé du traitement que les médias nationaux ont réservé au traitement de la crise politique, sécuritaire et institutionnelle que vit le pays depuis le coup d’Etat du 23 mars

jpg_crise-presse.jpgC’est une exposition d’un genre particulier que l’opérateur culturel Balani’s a choisi de déployer à son siège Médina art. Intitulée « Presse-crise », cette exposition présente un condensé du traitement que la presse malienne a réservé à la crise politique, sécuritaire et institutionnelle que vit notre pays depuis le coup d’Etat du 23 mars dernier. Le vernissage a eu lieu jeudi en présence du secrétaire général du ministère de la Culture, Al Hady Goïta, de Makan Koné, le président de la Maison de la presse, et une foule d’artistes, de journalistes et d’hommes politiques.

Les évènements engendrés par le coup d’Etat, les réactions et les manifestations des partis politiques, des associations, la réaction des chefs d’Etat de la CEDEAO, l’occupation illégale des trois villes du Nord, par des bandits armés du MNLA, de Ançardine, Aqmi et MUJAO, des narcotrafiquants et autres vendeurs d’armes. Cette exposition tente de retracer les 6 mois de crise que traverse le pays depuis le mois de mars.

Lassana Igo Diarra, le promoteur de Balani’s, a imaginé ce projet en tentant de reprendre le fil des évènements à son retour d’un voyage au mois d’avril. Il a alors réalisé la complexité de la tâche en raison du flot d’informations que les événements avaient suscité. Chacun des organes de presse aussi bien écrite que parlée et même la télévision y allait de ses sources. Les images n’arrêtaient pas de se bousculer.

Lassana Igo Diarra a alors commencé à réfléchir à un moyen de les rassembler. Mais quelle forme fallait-il donner à ce travail ? C’est ainsi que l’idée est venue de partager cette cogitation avec le public. L’exposition des titres et des articles ne s’est pas immédiatement imposée. Il a longtemps promené son caméscope et son micro devant le maximum de Maliens moyens et anonymes pour recueillir leur avis sur la crise et les solutions éventuelles.

Tout le monde est désormais intéressé par la chose publique. Il fallait trouver le moyen de montrer le maximum de titres et de textes parus dans les journaux, dans les radios, les télévisions et même sur le web au grand public. L’avantage était non seulement de partager beaucoup d’informations, mais aussi de permettre aux gens d’effectuer un arrêt sur les évènements, car explique Lassana Igo Diarra personne n’est sûr d’avoir obtenu toutes les informations drainées par les médias durant ce laps de temps.

Si l’exposition fait la part belle à la presse écrite, elle fait également un grand effort sur les archives sonores et les images. Elle débute par un grand tableau qui montre les images que la presse a données des acteurs comme le président Dioncouda Traoré, le capitaine Amadou Haya Sanogo, le Premier ministre de la transition, Dr Cheick Modibo Diarra, le représentant du médiateur, le Burkinabé Djibril Bassolé. Puis il y a ce que Lassana Igo Diarra et son équipe appellent le « peuple ».

Il s’agit des images de foule lors des différents rassemblements, meetings, conférences à Bamako et à l’intérieur du pays. Les armes, les véhicules blindés et les voitures 4X4 qui sont présents partout dans les rues de Bamako et les villes du nord. Les « Une » consacrées aux bandits armés qui occupent le Nord sont également visibles dans ce tableau initial. Dans un second temps le visiteur découvre les manchettes et les portraits.

Dans une autre salle, l’exposition propose un résumé des images vidéo d’une dizaine de chaines de TV du Mali, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Les communiqués du CNRDRE, les déclarations des leaders politiques maliens qui ont rencontré le capitaine Amadou Haya Sanogo, les nombreux meetings des partis et associations, l’arrivée des groupes de bandits armés dans le nord, les images chocs de la destruction des monuments et mausolées à Tombouctou, l’intrusion dans le bureau du président de la République à Koulouba sont des images qui méritent d’être revues.

L’initiateur explique qu’il entend montrer les images, proposer les sons et les images du 4è pouvoir qu’est la presse sans prendre partie. Cette exposition reste ouverte au public trois mois durant.

Lundi 3 septembre 2012, par Youssouf Doumbia

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