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Attendus par les artistes plasticiens pour visiter leur exposition à l’occasion de la 4è édition de la semaine nationale des arts plastiques, les membres du gouvernement ont brillé par leur absence. Ce qui est synonyme pour bon nombre d’artistes d’un manque d’égard.

La 4è édition de la semaine nationale des arts plastiques ouverte le 19 juin 2008, s’est achevée le 27 du même mois par une remise des prix aux meilleurs artistes et de plusieurs recommandations du jury. Toutefois, les attentes des artistes n’ont pas été comblées. En effet, il y a 6 mois, Modibo Sidibé disait aux artistes de démontrer ce dont ils sont capables dans le domaine des arts plastiques.

Et depuis, les artistes plasticiens n’ont cessé de donner le meilleur d’eux-mêmes pour faire des œuvres de qualité, lesquelles étaient exposées au musée national pendant une semaine. Ils ont pris l’initiative d’organiser l’exposition au musée national spécialement à l’intention du Premier ministre et des membres du gouvernement.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Jeunesse et des Sports révélait « J’ai voulu faire parrainer l’édition par les ministères, institutions, opérateurs économiques, édiles, mécènes et des financiers afin d’acquérir des œuvres au profit de leurs services respectifs ».

L’espoir suscité par cette déclaration a fondu comme beurre au soleil d’autant que la promesse faite par le chef du gouvernement n’a pas été tenue. La preuve est que lors de l’exposition des œuvres plastiques, ni le chef du gouvernement encore moins ses ministres n’ont daigné se rendre sur les différents sites aménagés pour la circonstance.

Pourtant, les plasticiens avaient été encouragés dans ce sens par le chef du gouvernement en personne, qui n’a malheureusement pas jugé utile de leur rendre visite. De quoi sidérer les artistes plasticiens qui estiment être des laissés pour compte des pouvoirs publics.

Aujourd’hui, certains artistes se demandent si le ministre de la Culture peut traduire en acte les vœux du président de la République qui disait, il y a peu, « donner à notre patrimoine culturel un souffle nouveau afin d’impulser une politique conséquente d’essor des industries culturelle, qui permet aux femmes et aux hommes de culture de vivre de leur métier et participer au développement du pays ».

L’absence du ministre de la Culture et de l’Administration en général, tous pourtant attendus est perçue à la fois comme un manque d’attention et de considération à l’égard des artistes plasticiens.

A part les ministres de l’Emploi et de la Formation professionnelle et son collègue de la Jeunesse et des Sports à la cérémonie d’ouverture, aucune autre personnalité de marque n’a effectué le déplacement.

« On ne dit pas une chose et son contraire. La semaine nationale de la culture n’est nullement leur affaire », ont affirmé des artistes remontés contre les autorités. Le président du Jury, Ismaël Konaté de s’interroger « Si les conditions n’étaient pas réunies pourquoi organiser la semaine » ?

L’expression, « la culture comme facteur de développement économique et développement des expressions culturelles, constitue des axes importants de la politique cultuelle de mon gouvernement », est considérée comme de la poudre aux yeux par certains artistes plasticiens, qui estiment que le gouvernement ne fait pas assez pour que les arts plastiques sortent de l’ornière.


Accompagnement

L’amertume, la désolation, la colère des artistes ont poussé le représentant du ministre de la Culture, Mme Bah Aissata Koné au cours de la cérémonie de clôture, à trouver des excuses à l’absence des autorités, en particulier celle de son ministre « Le ministre de la Culture pour des raisons indépendantes de sa volonté, n’a pu être des vôtres pendant l’édition. Néanmoins, il est de pensée avec vous et il a pris connaissance de la qualité des œuvres présentées ».

Pour certains, depuis l’arrivée du ministre Mohamed El Moctar, rien ne marche. Cette absence d’El Moctar n’est pas le premier du genre apprend-on, du côté des artistes. « Rarement, El Moctar préside les cérémonies. Il se fait toujours représenter contrairement à son prédécesseur qui a toujours été aux côtés des artistes », ont témoigné des artistes.

L’absence des autorités a été reconnue par Mme Bah Aïssata Koné au cours de la cérémonie de clôture. Mais elle a assuré les artistes de l’accompagnement de son département.

« L’espoir est permis et nous n’avons aucune raison de douter de nos capacités et de notre détermination à donner à ce marché, tout le rayonnement qu’il attend de nous et de tous les mécènes de l’art ». Pour elle, la timidité dont souffre le secteur des arts plastiques ne doit pas être un motif de relâchement et de renonciation.

Cet état de fait à ses dires leur oblige plutôt à une remise en question et à un questionnement sur le rôle et la place de l’évènement dans le paysage culturel, sur l’orientation nouvelle à lui donner afin de mieux l’adapter au contexte. Pour ce faire, a t-elle ajouté « Nous ne devons occulter aucun moyen, n’épargner aucune stratégie, encore moins faire une analyse de complaisance ».


Amadou Sidibé

01 Juillet 2008