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Les 40 manuscrits qui avaient été mis à la disposition de l’Afrique du Sud par le Centre Ahmed Baba de Tombouctou pendant 3 mois à des fins d’exposition sont de retour.

Leur réception a donné lieu, vendredi dernier, à une cérémonie au ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique. Présidée par le chef du département, Amadou Touré, la cérémonie s’est déroulée en présence de Rantobeng Mokou, l’ambassadeur sud-africain dans notre pays.

L’exposition s’inscrivait dans le cadre d’un accord de coopération culturelle et scientifique conclu entre nos deux États en 2002. Cet accord est centré sur la formation des conservateurs du centre Ahmed Baba, le renforcement des infrastructures et de la logistique de collecte et de sauvegarde des manuscrits, l’appui à la recherche scientifique etc.

C’est dans le cadre de cet accord que le ministère des Arts et de la Culture d’Afrique du Sud et le Musée sud africain (Iziko) ont initié cette exposition.

Ces manuscrits, témoins du savoir-faire et de l’ingéniosité des artistes de l’Afrique subsaharienne, traitent de l’histoire, du droit, de la théologie, de la littérature, de la médecine et de l’astronomie.
Le projet de manuscrits entre le Mali et l’Afrique du Sud a été officiellement lancé le 25 mai 2003 par le président Amadou Toumani Touré et l’ancien président sud africain Thabo Mbeki.

Il vise la préservation des manuscrits, la réalisation d’un nouveau bâtiment pour les abriter et interpréter leur contenu. Le projet a également été adopté par le Nepad lors de son premier projet culturel. Les manuscrits ont aussi été admis sur la liste de mémoire de l’Unesco lors de sa conférence tenue à Pretoria en 2007.

L’exposition a été officiellement lancée le 7 août dernier par l’ex-président sud africain Thabo Mbeki à Cape Town au Château de Bonne Espérance, l’un des sites les plus importants du patrimoine sud africain. C’était en présence de Amadou Touré, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique et Sinaly Coulibaly, notre ambassadeur en Afrique du Sud.

Ces manuscrits ont également été exposés dans cinq autres centres (Bloemfontein, Pretoria, Johannesburg, Grahamstown et Durban) et ont reçu pendant ces 3 mois plus de 16 000 visiteurs. Par endroits, l’exposition a coïncidé avec des événements majeurs comme la grande conférence africaine de journalisme à Grahamstown.

Toujours dans le cadre de l’accord de coopération entre les deux pays, l’Afrique du Sud fait bâtir un nouveau bâtiment pour reloger le centre Ahmed Baba de façon confortable et sécurisée avec des moyens techniques appropriés aux activités de l’institut.

Le chantier qui a démarré il y a deux ans, est en voie d’achèvement. L’institut sera inauguré dans quelques semaines en présence des plus hautes autorités des deux pays, a annoncé le ministre Touré.

Cette exposition, a-t-il expliqué, a contribué à apprendre aux Sud africains que Tombouctou ne sort pas de l’imaginaire mais représente un grand centre intellectuel et commercial qui a connu ses heures de gloire au Moyen âge. Cette exposition a apporté à la jeunesse et au peuple sud africain une large compréhension de ce patrimoine africain et universel.

Rantobeng Mokou a confirmé que l’exposition avait été l’occasion pour le grand public sud africain de voir les manuscrits. Elle a ainsi servi, de son point de vue, de plate-forme au développement des capacités en matière de programmation, d’exposition, de conservation et de gestion pour les deux pays.

L’exposition était accompagnée par des professionnels maliens et sud africains du patrimoine pendant toute sa durée. L’Afrique du Sud a fourni l’aide technique et le Mali l’interprétation intellectuelle de l’exposition.

Cet immense patrimoine que représentent les manuscrits est aujourd’hui menacé. Chaque année des documents d’une richesse inouïe se détériorent et deviennent illisibles. Le risque est croissant de perdre ce patrimoine commun de l’humanité. Voilà pourquoi des actions comme cet accord en faveur de la conservation et de la préservation des manuscrits sont salutaires.


Nouhoum TRAORE

Essor du 10 décembre 2008