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C’était à la faveur d’un atelier d’évaluation, de collecte et de validation des statistiques du volume d’exportation détenue, d’une part, par les exportateurs et d’autre part par les services publics impliqués dans la gestion de la filière.

La cérémonie d’ouverture de la réunion a été présidée par le directeur national du commerce et de la concurrence, Mahamane Ansoumane Touré. Organisée par l’unité de mise en œuvre du Projet cadre intégré, la session a mobilisé autour du coordinateur du projet, Mohamed Sidibé, l’ensemble des acteurs de la filière, les représentants des autorités politiques et administratives de la région de Sikasso, la Chambre d’agriculture de Sikasso, la police et la gendarmerie et les représentants des départements de l’Agriculture et la Santé.

La compilation des chiffres de la campagne 2008 communiqués par les uns et les autres établit que notre pays a exporté à destination de l’Europe et du reste du continent noir, plus de 12 676,7 tonnes de mangues rapportant à l’économie nationale environ 14,115 milliards Fcfa. Les 2/3 du volume des exportations proviennent de la région de Sikasso, avec 10 768 tonnes et le reste de Bamako et environnants.

3 152 tonnes ont été exportées par route vers les pays de la sous-région et les 7616 autres par bateau vers l’Europe.
Cet atelier de validation des chiffres des exportations prolonge le dispositif d’évaluation du volume des exportations de mangues, a rappelé Mahamane Ansoumane Touré. Le dispositif a été installé lors d’une réunion de concertation tenue en avril à Sikasso.

La rencontre avait été organisée par le Projet cadre intégré en collaboration avec le Comité de validation des statistiques du commerce extérieur et les acteurs de la filière organisés dans une structure faîtière « Sènè Kunafoniblo » basée à Sikasso.

Le directeur national du commerce et de la concurrence a relevé que la disponibilité et la fiabilité des données statistiques constituent une contrainte majeure dans les pays en développement de façon générale, et dans notre pays en particulier, en raison de l’absence de dispositif approprié. L’exercice a donc consisté à recueillir des données reflétant la réalité des efforts déployés par les exportateurs et auprès des autres intervenants de la filière.

Les chiffres issus de cet atelier ont été validés par le comité national de validation des statistiques du commerce extérieur domicilié à la Direction nationale de la statistique et de l’informatique (DNSI).

L’initiative du Projet cadre intégré et du comité national de validation est destinée à mettre à la disposition des utilisateurs des informations statistiques fiables reflétant les flux réels d’exportation afin de faciliter l’évaluation de l’impact des actions menées par le gouvernement, les partenaires techniques et financiers et les acteurs de la filière, a expliqué Mahamane Ansoumane Touré.

Le volume des exportations est un indicateur approprié pour cet exercice car il reflète la performance d’un maillon essentiel d’une filière, celui des exportateurs.

Du démarrage des activités du Projet cadre intégré à ce jour, les exportations des mangues sont passées de 4 000 à plus de 8 000 tonnes à la fin de la campagne 2008.

C’est cette performance et la compétitivité de nos filières d’exportation qui permettront de tirer le meilleur parti de l’insertion de notre économie au système commercial multilatéral et de réduire la pauvreté par l’augmentation des revenus des producteurs, a expliqué Mahamane Ansoumane Touré. Ce qui correspond aux objectifs essentiels du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP).

Le Projet cadre intégré s’investit, depuis 2005, dans l’amélioration de la qualité de la mangue malienne et l’accroissement des exportations en renforçant les compétences des acteurs et des structures d’encadrement.

Il s’est attelé à la promotion du commerce extérieur en organisant la participation des exportateurs maliens aux différentes manifestations commerciales, notamment le Salon de fruit Logistica de Berlin en février dernier. Durant la campagne qui s’achève, il a financé le traitement phytosanitaire de 5 000 ha de vergers et s’est notablement investi dans la sensibilisation des producteurs aux bonnes pratiques agricoles et au respect du cahier de charges par les exportateurs.

Le Projet a formé les auditeurs internes et les responsables qualité, accompagné les exportateurs à la certification au GlobalGap dont la codification des vergers et la mise en place d’un système qualité dans les entreprises d’exportation. Il a aussi aidé à équiper la station Plaza en matériel de contrôle phytosanitaire de standard international et à renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises de transformation de fruits et légumes de Yanfolila et de Kolondiéba.

Malgré les résultats enregistrés, force est de constater que plusieurs défis restent à lever. Aussi, les participants ont recommandé le recensement exhaustif des vergers, l’harmonisation des bases de calcul, la mise en place d’un pool de recherche et de traitement des maladies de la mangue.

Le coordinateur du Projet cadre intégré, Mohamed Sidibé, s’est engagé à traduire en actes ces recommandations, avant de prendre rendez-vous pour l’année prochaine.


A.O. DIALLO

22 Août 2008