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L’expert a mis les exportateurs en garde contre les procédures de rappel de produits.

Il a beaucoup été question ces jours-ci de l’exportation des mangues vers le marché européen.

Le week-end dernier, un atelier de formation était organisé en faveur des femmes pisteurs sur l’hygiène des champs et les techniques de cueillette (voir article ci-contre). Mardi, c’était le tour du Programme compétitivité et diversification agricoles (PCDA) qui organisait dans ses locaux une séance d’informations sur les modalités d’exportation de la mangue sur le marché européen. Cette session s’adressait aux exportateurs agréés qui étaient venus nombreux pour écouter les informations relatives au respect des normes GlobalGAP pour l’exportation de la mangue.

Pour édifier les intéressés sur le nécessaire respect des normes de production, de traitement, de conditionnement, de stockage et d’exportation de la mangue, le PCDA avait fait appel à l’expertise du spécialiste de la société de certification néerlandaise Isa Cert, Tom J. Kuipers et à celui du consultant sénégalais Lamine Bara Diao pour expliquer les normes GlobalGAP.

L’Union européenne a édicté des normes que tout exportateur de produit agricole vers son marché doit respecter. La grande distribution a initié les normes GlobalGAP (GAP signifiant littéralement les bonnes pratiques agricoles) pour garantir la sécurité sanitaire des produits agricoles qui arrivent sur le marché européen. GlobalGAP a été créé en septembre 2007 à Bangkok en remplacement de EuropGAP qui avait cours jusqu’alors.

Pour obtenir l’agrément, tout exportateur doit se soumettre aux conditions de production, de traitement phytosanitaire, de conditionnement, de stockage et d’exportation des produits agricoles. Cette démarche correspond tout à fait aux objectifs du PCDA qui veut aider les exportateurs à augmenter leur chiffre d’affaires en respectant les normes d’exportation.

Au Mali, quelques opérateurs qui bénéficiaient déjà de la certification EuropGAP ont déjà passé aux normes GlobalGAP. La session d’information leur a offert l’occasion de s’imprégner des nouveaux changements intervenus auxquels ils sont tenus de se conformer sous peine d’être exclus du circuit de commercialisation vers l’Europe. Le spécialiste a prévenu que les normes GlobalGAP sont encore plus exigeantes que les précédentes.

Ainsi les exportateurs doivent scrupuleusement respecter des normes comme le recrutement d’un auditeur interne, le respect des règles sanitaires et d’hygiène dans les centres de conditionnement et de stockage, des produits phytosanitaires, tout en s’assurant que ces derniers sont homologués. Ils sont tenus de former leur personnel de production et de traitement aux règles d’hygiène et de secours en cas d’incident. Le respect de l’environnement, la qualité de l’eau utilisée dans les plantations et pour les traitements constituent d’autres exigences.

Au final, l’exportateur doit faire appel à un certificateur agréé étranger pour obtenir la certification indispensable à l’exportation. L’expert a mis les exportateurs en garde contre les procédures de rappel de produits. Cette procédure est déclenchée en cas de découverte de corps étranger sur les produits ou dans l’emballage. Ce rappel se fait à la charge de l’exportateur et est assorti de pénalités lourdes à payer et pourrait occasionner éventuellement la perte des marchés.

Les opérateurs intervenant dans le créneau se sont inquiétés de cette multiplication des conditions posées pour accéder au marché européen. Des conditions qui leur coûtent de plus en plus cher en terme d’investissements qui ne peuvent être amortis en un seul exercice. Certains ont voulu savoir si les dépenses occasionnées par l’application de ces conditionnalités sont partagées.

Le spécialiste a confirmé que les coûts incombaient au seul exportateur qui doit s’efforcer de les honorer sans espoir de remboursement. La seule récompense de tous ces efforts est la crédibilité qui leur permettra de conquérir leur part dans le juteux marché européen. Il a averti que la compétition est très rude et que ceux qui n’arrivent pas à suivre le mouvement perdront pour de bon leur place.
Les exportateurs se sont engagés à respecter les normes GlobalGAP pour que les produits agricoles maliens puissent être disponibles et cela pour encore longtemps dans les rayons des supermarchés européens. C’est cela justement l’ambition du PCDA.

M. COULIBALY – L’Essor

03 Avril 2008.