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Les autorités provinciales du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, « portent gravement atteinte » aux efforts de certification minière en fermant les yeux sur des pratiques illicites dans le secteur aurifère, selon un rapport de l’ONG Global Witness publié mardi. Cette enquête sur « la ruée vers l’or » à Shabunda dénonce la captation des profits de l’exploitation aurifère dans le lit de la rivière Ulindi, estimant que celle-ci n’aura finalement apporté aux riverains que des désagréments, et aucun bénéfice. Le rapport de Global Witness met en cause les agissements d’une société chinoise, Kun Hou Mining, qu’elle accuse d’avoir « versé 4.000 dollars » et donné deux kalachnikovs à des groupes armés Raïa Mutomboki opérant dans la zone pour pouvoir mener ses activités tranquillement.Les Raïa Mutomboki (« Citoyens en colère », en swahili) sont apparus en 2005 dans le territoire de Shabunda comme milice d’autodéfense contre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Interrogé sur les résultats de l’enquête de Global Witness, Apollinaire Bolindi, ministre des Mines du Sud-Kivu, a estimé que ce rapport était « biaisé ». M. Bolindi, a par ailleurs affirmé que le gouvernement provincial était en peine de réglementer l’exploitation aurifère à Shabunda-centre « compte tenu de la présence de groupes armés ». AFP