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Le Mali, fait incontestablement partie des pays les mois avancés ou encore des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Pourtant, le Mali est considéré au même moment comme un pays regorgeant de ressources naturelles comme l’or, le pétrole, le calcaire, le marbre, la bauxite, le manganèse entre autres.

Certaines sont exploités, pendant que d’autres ne le sont pas, mais l’exploitation des ressources humaines exige des investissements particulièrement importants dépassant le plus souvent les possibilités budgétaires de l’Etat. C’est pourquoi les actions d’extraction minières sont toujours menées avec la participation des sociétés minières internationales. Le Mali connait déjà une expérience dans ce domaine, notamment en ce qui concerne l’exploitation de l’or.

La nécessite de renégocier les contrats d’exploitation

Déjà au niveau de l’exploitation minière, il y a toujours eu des débats houleux autour de la part qui revient à l’Etat après l’extraction de l’or. Certes, le Mali dispose des minerais, mais n’a ni les ressources financières nécessaires pour les exploiter, encore moins les engins lourds indispensables dans le processus d’extraction.

Dans ce cas, il est obligé d’accorder une part importante de l’or extrait aux sociétés sans lesquelles rien ne serait possible. Mais, de plus en plus, on parle, du côté de certains acteurs politiques ou représentants de la société civile, de la mauvaise négociation des contrats.

Faut-il les dénoncer? Peut être qu’il faut plutôt renégocier lesdits contrats conformément à la demande de certaines composantes de la société afin que le Mali puisse en tirer le maximum de profits. Il semble que les autorités actuelles sont dans cette logique depuis quelques mois et espérons que les efforts convergeront dans ce sens dans l’intérêt de l’ensemble des Maliens.

Les défis au nouveau ministre des mines de l’énergie et de l’eau

Avec la nomination d’un nouveau ministre des Mines de l’Energie et de l’Eau, on peut dire qu’il y a de l’espoir que le renouveau de l’action publique dans ce département concernera également cet aspect spécifique financier.

En tout cas Mamadou Igor Diarra, le nouveau ministre n’a pas été nommé par hasard à la tête de ce département. Ainsi, ose-t-on croire que son arrivée au ministère des Mines de l’Energie et de l’Eau sera une opportunité d’insuffler plus de dynamisme à ce département, notamment aux activités d’exploitation minière afin que le gouvernement et l’ensemble du peuple malien puissent en tirer le maximum de profits.

Cela est d’autant nécessaire aujourd’hui que la demande sociale est forte, à un moment où les autorités actuelles ont pris l’engagement solennel de tout mettre en œuvre pour améliorer de façon significative les conditions de vie et de travail des populations.

Saisir les opportunités

Le débat à ce sujet est ouvert et les négociations sur cette question, si elles sont engagées sous la houlette de l’actuel ministre des Mines de l’Energie et de l’Eau, connu pour sa capacité de négociations, ont beaucoup de chances d’aboutir.

C’est du moins ce que pensent certains qui croient aujourd’hui à la nécessité d’engager un tel processus dans l’intérêt exclusif du peuple malien à un moment où, de plus en plus de chantiers sont ouverts visant l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous.

Ainsi, il faut qu’il y ait une dynamique dans ce sens pour donner plus de lisibilité aux retombées de l’exploitation minière en République du Mali. Au regard de ce qui précède, si le nouveau ministre des Mines de l’Energie et de l’Eau a un défi majeur, c’est bien cela et ce faisant, il fera tâche d’huile et démontrera la pertinence du choix porté sur lui pour conduire les affaires à ce département ministériel.


Un cas d’exemple

On se rappelle que, du temps de Ahmed Diane Séméga à ce département, à la faveur de diagnostics, mais aussi de négociations, le contrat de concession d’EDM-SA signé pour vingt ans et dont les clauses avaient été dénoncées, a pu être annulé au grand bonheur des Maliens.

Pour ce qui est également des contrats d’exploitation, il y a lieu que les autorités soient davantage vigilantes afin de les revoir, mais surtout de signer les nouveaux sur des bases beaucoup plus rentables pour l’Etat malien.

Une faible exploitation des potentialités

Le Mali est un pays en chantier où il y a un besoin crucial de ciment. Or, la seule cimenterie qui existait a été purement et simplement vendue depuis plusieurs années. Ceux qui croyaient que cette usine allait connaitre une meilleure gestion vers une production plus grande ont été désillusionnés
.

Le Mali, depuis, ne fait qu’importer du ciment paradoxalement à un moment où, selon des études, il existe des gisements importants de calcaire à partir desquels il est possible de bâtir plusieurs cimenteries afin d’éviter que nous en importions.

On se rappelle qu’il y a eu des études sur la création des cimenteries, mais le processus tarde à être enclenché. Or, ce serait une manière de permettre aux Maliens d’avoir du ciment à des prix plus abordables.

Les retombées d’un tel projet sont inestimables tant pour les populations que pour les autorités elles mêmes, étant donné les nombreux chantiers ouverts ou devant s’ouvrir.


Qu’en est-il du phosphate de tilemsi ?

Par ailleurs, il importe aujourd’hui où il y a de l’engouement avec l’initiative riz d’exploiter davantage les potentialités du Mali en matière de production d’engrais. Ainsi, ce serait une grande opportunité pour des opérateurs économiques maliens qui sont sûrs qu’une importante quantité de leur production sera utilisée sur place. Cela serait une manière, d’accélérer la mise en oeuvre de la loi d’orientation agricole et de l’initiative riz, qui est un volet, pour les années à venir.

Dans ce sens, il serait important d’exploiter au maximum les gisements du phosphate de Tilemsi utilisé à cet effet. Toutes ces potentialités de développement devraient faire que le Mali soit aujourd’hui dans une situation économique bien meilleure. Mais rien n’est perdu, pourvu qu’on se mette au travail pour profiter au maximum de ces potentialités.


Les oléagineux

Avec la valorisation de l’agriculture au Mali et la hausse des prix de l’huile et du pétrole en particulier à travers le monde, les femmes rurales multiplient les efforts d’organisation autour de la promotion de la culture des plantes oléagineuses. Le cas frappant est celui des femmes productrices de beurre de karité.

Depuis quelques années, elles sont en train d’évoluer à grands pas et l’austérité économique ce cette année les incite davantage à promouvoir leur activité qui a de belles perspectives. En effet, il y a quelques années, il a été convenu que le beurre de karité traité, peut entrer dans la fabrication du chocolat.


La promotion du pourghère

En plus, la prodution de biocarburants est en train de prendre des proportions de plus en plus importantes au Mali. Dans ce sens, certains producteurs agricoles développent la culture du pourghère, une plante qui exige peu de conditions pour réussir, notamment en termes d’engrais et de d’eau. Les Allemands, à travers la GTZ-Projet Pourghère, ont déjà commencé à extraire le biocarburant destiné au fonctionnement des moteurs diesel.

Il faut souligner que cette culture suscite beaucoup d’engouements ces dernières années dans plusieurs localités du pays. Sans pouvoir se substituer à l’essence dont la consommation est importante, certains pensent que cette production aura un impact important dans la réduction des importations de carburants.


Les chinois dans la danse

D’ailleurs, récemment, les Chinois, à travers une société sont en train de faire des prospections sur le terrain à Ségou en vue de la culture du pourghère. Toute chose qui explique qu’il s’agit d’une culture rentable ayant beaucoup de facilités de générer des ressources aux producteurs.

Bien entendu, du côté des autorités du pays on craint les conséquences que cette culture pourrait avoir sur la culture des céréales sèches. Ce qui est important, c’est surtout de parvenir à faire la part des choses pour éviter des influences négatives d’une culture sur une autre. Mais, l’initiative doit faire son chemin également.

De même, à l’étranger, il est prisé dans plusieurs pays pour la fabrication des pommades et autres produits cosmétiques. Toutes choses qui représentent des motifs d’encouragement de ces braves femmes dans leur activité combien génératrice de revenus.


Moussa SOW

05 Novembre 2008