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Qu’il soit de la douane, de la haute administration ou simple citoyen, le Malien ne pense que du mal de la politique d’exonération telle que servie aujourd’hui. Mais là aussi, apparemment, le gouvernement se cache derrière son petit doigt. Réactions.


Alassane Diakité(douanier) :

« Il y a dans chaque structure de la douane un bureau des Maliens de l’extérieur qui s’occupe des questions d’exonération. L’Etat accorde l’exonération pour répondre à un besoin, mais tel n’est pas le cas au Mali. Ces derniers temps, l’Etat a fait des exonérations sur les produits de première nécessité, mais le panier de la ménagère n’a rien senti. Il y a d’autres types d’exonérations qu’on accorde généralement aux députés et aux ministres. Tout cela rentre dans le cadre du développement. L’exonération est mal exploitée dans notre pays, car il n’y a pas de suivi. La douane ne s’occupe que des documents que les commerçants apportent. En accordant l’exonération aux commerçants, l’Etat peut, par exemple, leur demander de payer 18 % au lieu de 40 %. Ils viennent nous présenter les dossiers et partent payer l’argent au Trésor. C’est la direction nationale de commerce et de concurrence (DNCC) qui doit se charger du suivi. On doit moraliser les exonérations au Mali ».

Mahamane Assoumane Touré(directeur de la DNCC) :

« On accorde les exonérations, une initiative fiscale dans le cadre des investissements, pour encourager les promoteurs. Elle se passe au niveau de la douane, c’est-à-dire que c’est à la douane qu’on applique les règles de l’exonération. C’est là-bas qu’on découvre que tel opérateur économique a changé les produits exonérés. Le fautif commet alors une fraude intellectuelle ou une fraude commerciale ».

Oumou Sissoko(ménagère) :

« Le gouvernement dit chaque fois qu’il a fourni des efforts pour réduire le prix des produits de première nécessité, mais on ne voit aucun changement. Au contraire, les prix augmentent. L’argent qu’on nous donne ne suffit plus pour faire des repas de qualité. Les autorités doivent revoir la situation actuelle en changeant la politique d’exonération ».


Oumar Diarra(chef de famille) :

« Si l’Etat ne change pas son système d’exonération, les Maliens souffriront encore longtemps. On se demande souvent si les exonérations sont réellement faites dans ce pays. Si l’Etat dit qu’il y a l’exonération sur le riz aujourd’hui, demain on constatera que les prix du riz ont grimpé. Tout va mal dans ce pays ».

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

02 novembre 2007.