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Après l’échec de la mise en œuvre d’un protocole d’accord signé il y a un mois entre le gouvernement, l’APCAM et la CCIM en vertu duquel le kilo du riz local devrait être vendu au détail à 300 FCFA, le gouvernement, malgré la « réussite » de l’Initiative riz, s’est vu dans l’obligation de revenir à la pratique des exonérations sur l’importation du riz. La période concernée va du 1er mars au 31 mai 2009. Le président de la CCIM, Jeamille Bittar, au cours d’une rencontre organisée le vendredi 6 mars, au siège de son institution, a expliqué les enjeux de cette initiative gouvernementale aux importateurs et détaillants. Il a annoncé qu’en moins d’une semaine après l’entrée en vigueur de la décision, les intentions d’importation manifestées dépassent 100 000 tonnes.

Le gouvernement, sur instruction du président de la République, a décidé d’accorder des exonérations sur l’importation du riz pour la période allant du 1er mars au 31 mai 2009.

La décision mobilise déjà les opérateurs économiques, notamment les importateurs et les détaillants, particulièrement les détenteurs de magasins témoins. Ils étaient venus nombreux, le vendredi dernier, pour répondre à l’invitation du président de la CCIM, Jeamille Bittar et du président de la Coordination du groupement des commerçants détaillants du Mali, Hama Abba Cissé. Ces deux responsables ont échangé avec les détaillants sur la première opération riz de l’année dernière et les dispositions à prendre pour que la nouvelle opération soit couronnée de succès.

Le président de la CCIM a brièvement décliné le contenu du cahier de charges que tout importateur doit signer avec l’Etat, à travers la DNCC, pour bénéficier des exonérations. En effet, l’importateur doit être inscrit au registre de commerce et du crédit mobilier, avoir un numéro d’identification fiscale et la patente import-export. L’exonération porte sur les droits et taxes perçus au cordon douanier à l’exclusion du prélèvement communautaire, du prélèvement communautaire de solidarité et de la redevance statistique. Les catégories de riz concernées sont le riz blanchi en emballage immédiat de plus 5 kg ou en vrac et le riz brisure alors que sont exclus le riz blanchi 5% brisure, le riz blanchi 100% brisure parfumé, le riz blanchi entier parfumé et le riz entier étuvé.

Les riz exonérés doivent être vendus en gros à 280 000 FCFA la tonne au maximum et les détaillants doivent revendre au détail à 300 FCFA le kilo au maximum sur toute l’étendue du territoire national. Jeamille Bittar, qui a signé le document au nom des commerçants, a précisé que les exo sont ouvertes à tous les commerçants, sans exclusion aucune. Aussi, insiste-t-il, qu’il n’y aura pas de spéculation, ni de favoritisme.
Il a souligné que le prix plafond de la présente opération favorise plus les détaillants qui gagnent une marge de 20 F sur le kilo contre 10 F lors de la précédente opération. Cependant, il a été constaté avec amertume que certains détenteurs de magasins témoins n’ont pas totalement remboursé les créances de la dernière opération. Bittar de clarifier que ceux-ci ne bénéficieront pas de riz exonéré avant de se régulariser. Et le président Hama Cissé d’être plus catégorique en disant qu’ils seront contraints, le moment venu, de rembourser pour le bien-être de l’opération.

Certains détaillants ont tenté de se justifier par la marge jugée petite, le coût du transport à cause de leur éloignement du centre ville et surtout le manquant constaté sur certains sacs qui n’auraient pas atteint le poids requis. Par exemple, dans un sac de 50 kg vendu au détail, ils se trouveraient souvent entre 47 et 48 kg. Bittar et Hama Cissé ont répondu que ces éléments ont été pris en compte dans cette nouvelle opération, mais qu’en aucune manière, ils ne constituaient une justification suffisante pour le non remboursement.

Aux dires du président de la CCIM, tous les gros importateurs connus à l’image de CDCM, de GGB, Abdoulaye Niang, le groupe Achcar, Djigué Sa, les Ets Kouma…. ont déjà signé le cahier de charges; les intentions d’importations dépasseraient les 100 000 tonnes. Il a invité les détaillants à se mettre en règle d’ici les premiers arrivages de riz attendus en milieu du mois pour la bonne exécution de cette opération patriotique. Car, dit-il, il ne s’agit pas pour les commerçants de faire profit, mais de prouver aux yeux de l’opinion et des autorités qu’ils sont prêts à s’engager pour bouter la flambée hors du Mali.

Youssouf Camara

10 mars 2009