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Le riz sera cédé au détail à un prix plafond de 310 F CFA le kilo

A travers un communiqué rendu public, le 14 mars dernier, le gouvernement, suite à des concertations avec les partenaires sociaux, a annoncé la décision d’accorder des exonérations aux opérateurs économiques pour l’importation du riz à compter du 1er avril jusqu’au 30 septembre 2008.

Quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de la décision, onze opérateurs économiques, et non les moindres, se sont manifestés en signant le contrat sur la base duquel ils s’engagent à respecter les clauses d’un cahier de charges.

La quantité déclarée par ces gros importateurs est de l’ordre de plus de 127 000 tonnes de riz blanchi et brisure, qui sont les deux qualités exonérées par le gouvernement. Le riz sera vendu au détail à un prix plafond de 310 FCFA le kilo.

La présente décision du gouvernement d’accorder des exonérations sur l’importation du riz est une expérience hautement stratégique.

En effet, si le gouvernement à l’habitude de recourir à cette pratique pour éviter la rupture de stock des produits sur le marché et la flambée des prix, celle de cette année a la particularité de s’étaler sur une longue période (six mois) d’être ouverte à tous les opérateurs économiques habilités (c’est-à-dire inscrits au registre du commerce et du crédit mobilier, ayant un numéro d’identification fiscale et la patente import-export en cours de validité) et sans limite de quantité.

C’est à l’opérateur économique de déclarer dans le contrat le tonnage qu’il est capable d’importer. Autre avantage de la mesure : l’Etat laisse tomber tous les droits et taxes perçus au cordon douanier (28%), excepté les taxes communautaires qui ne représentent que 2,5%.

Cette importante décision, faut-il le rappeler, est la matérialisation de l’un des points consignés dans le protocole d’accord signé, le 18 juillet 2007, entre le gouvernement et l’UNTM pour ramener les prix des produits de première nécessité à un seuil compatible avec les revenus des populations.

Pour donner d’amples informations sur la mesure, le Directeur national du commerce et de la concurrence, Mahamane Assoumane Touré, a eu, le samedi 5 avril, dans son service, un échange avec la presse sur les tenants et aboutissants du dispositif mis en place.

Selon l’orateur la prise de cette décision par le gouvernement fait suite aux fluctuations sur le marché mondial du prix du riz qui est la principale céréale de consommation des Maliens. Plus de 55% des besoins de consommation du pays sont importés.

Cette denrée se fait de plus en plus rare sur le marché mondial. Certains pays qui sont les gros importateurs (Taïwan, l’Inde, le Vietnam…) ont pris des mesures d’interdiction de l’exportation. Cette situation de diminution de l’offre sur le marché n’est pas alors sans conséquence pour des pays comme le nôtre.

Traditionnellement, la crise était conjoncturelle (période de soudure et le mois de Carême), mais cette fois-ci, elle est structurelle. D’où le gouvernement a vu la nécessité de l’étaler sur une longue période.

Généralement, les consommateurs se plaignent que les exonérations accordées ne se répercutent pas sur les prix pratiqués sur les marchés. Pour tenter de trouver une solution à ce questionnement, le gouvernement, conformément au point six des conclusions du Forum national sur les prix des produits de première nécessité tenu les 26 et 27 décembre, a décidé d’élaborer un cahier de charges qui fixe les conditions d’importation et de distribution du riz par les opérateurs économiques qui bénéficieront de l’exonération des droits et taxes à l’importation.


Le riz sera vendu à un prix plafond de 310 F CFA le kilo

Pour bénéficier de l’exonération, l’opérateur économique doit alors signer un contrat qui l’engage à respecter les clauses du cahier de charges. Il doit déclarer lui-même sa quantité et le temps qui ne doit pas excéder les six mois prévus. S’il n’arrive pas à importer toute la quantité déclarée dans ce délai, il peut signer un autre contrat.

Ce cahier de charges impose des exigences aux opérateurs économiques, notamment celle de vendre le riz importer sous exonération à un prix plafond en gros de 300 FCFA et en détail de 310 FCFA le kilo. Cependant, le Directeur national du commerce et de la concurrence précise que la mesure ne concerne que les riz de consommation courante. Il s’agit du riz blanchi en emballage immédiat de plus de 5 kg ou en vrac et le riz en brisure.

Les autres qualités de riz, qualifiés de riz de luxe, ne bénéficient pas d’exonération et l’Etat ne peut pas alors imposer de prix sur ces produits.
Or, a expliqué Mahamane Assoumane Touré, «  les gens sont souvent attirés par les prix les plus élevés pour juger le marché et conclure que les exo n’ont pas baissé les prix« . Au-delà de la question du prix, l’objectif principal de ces mesures est d’assurer l’approvisionnement correct du marché afin éviter la rupture de stock.

Les opérateurs économiques ont déjà manifesté leur adhésion à la mesure gouvernementale. En témoigne le nombre qui a signé le contrat avec le département de l’Economie, du commerce et de l’industrie. A la date du vendredi 4 avril, soit quatre jours après l’entrée en vigueur, onze opérateurs économiques dont un de Kayes et un de Ségou, ont paraphé les documents relatifs à la mesure. Parmi eux, il y a Grand Grenier du Bonheur (GGB) de Bakoré Sylla, Grand Distributeur de Céréale au Mali (GDCM) de Modibo Kéïta, Abdoulaye Niang, Modibo Niangadou, la SODIMA, la SCM…

La quantité totale déclarée par ces onze commerçants est d’un peu plus de 127 000 tonnes. Aux dires du Directeur national du commerce et de la concurrence, il est prévu tout un mécanisme pour suivre le respect des clauses du cahier de charges. Les opérateurs économiques bénéficières feront l’objet de contrôle de la part des services techniques de l’Etat.

Yousouf CAMARA

07 avril 2008.