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Exercice théorique et de simulation à l’endroit des forces armées et de sécurité, « Jigi CPX 2008 », qui devra former cette année 2770 hommes, se tiendra à Bamako du 15 au 20 juin 2008.
L’Ecole de maintien de la paix de Bamako sera, du 15 au 20 juin 2008, le théâtre d’une série d’exercices théoriques à l’endroit du Groupement interarmes des 15 pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Appelé « Jigi CPX 2008 », l’exercice entre dans le cadre de la consolidation de la paix dans la sous-région. Y participeront plus d’une centaine d’hommes venant des 15 Etats membres de la Communauté.

L’exercice Jigi 2008 qui signifie « espoir » en bambara, ne met en œuvre que des postes de commandement, sans déploiement réel de troupes, dans le cadre d’une mission de maintien de la paix. Il s’agit du premier exercice conçu par une organisation régionale dans le but d’évaluer la capacité de la compagnie de transmissions dédiées et d’établir les liaisons radios indispensables.

L’exercice, qui se tient à la demande de l’Union africaine (UA), a pour but de disposer d’une force par sous-région à l’horizon 2010. Forte de son expérience, la Cédéao a décidé d’anticiper en formant, dès 2008 un Groupement interarmes (GTIA) de 2770 hommes, réservoir de force permettant d’adapter l’engagement aux besoins.

Ce GTIA est composé d’un état-major permanent à Abuja (Nigeria), d’un bataillon ouest sous commandement sénégalais, d’un bataillon est sous commandement nigérian et d’un bataillon logistique sous commandement malien. Il est prévu de le compléter à 3730 hommes en 2010.

Depuis deux ans, la Cédéao, soutenue par des partenaires comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, les Pays-Bas, a initié de nombreux entraînements au profit des forces de sécurité.

Il s’agit de l’exercice de poste de commandement (PC) à Dakar en 2006 visant à entraîner l’état-major du GTIA, l’exercice du PC à Accra en décembre 2007, l’exercice du bataillon ouest à Thiès au Sénégal en décembre 2007 avec 1500 hommes de 6 pays de la Cédéao.

La réalisation de ces exercices n’a été possible que par un effort important en terme de formation. Pour ce faire, la Cédéao a établi un protocole particulier avec trois écoles ou centres d’excellence de la Communauté : le National Defense College d’Abuja au niveau stratégique, le Centre Koffi Annan à Accra au niveau opérationnel et l’Ecole de maintien de la paix de Bamako au niveau tactique.

Par ailleurs, en dehors des écoles nationales, il existe 14 écoles à vocation régionale ouvertes aux pays membres de la Cédéao et aux autres pays africains. Ces écoles permettent une mutualisation des formations avec le soutien de la France.

Inaugurée le 26 mars 2007, l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako a pour mission de contribuer au renforcement des capacités des Etats africains en matière de soutien de la paix. Elle organise chaque année une trentaine de stages bilingues (français et anglais) au profit de plus de 700 stagiaires africains de 40 pays du continent.

Le programme de formation couvre les trois composantes militaires, police et civile de la force africaine en attente et inclut notamment les stages officier d’état-major, logistique, observateur militaire, police, démobilisation, désarmement, réintégration, coordination civilo-militaire et consolidation de la paix.

Pour développer ses capacités de formation, l’Ecole de maintien de la paix a signé des partenariats avec le Centre Pearson pour la paix (Canada) et le Centre de politique de sécurité de Genève (Suisse).

L’exercice « Jigi » se déroulera sous la responsabilité de la Commission chargée des affaires politiques, de la paix et de la sécurité du département du maintien de la paix et de la sécurité (CAPPS/DMPS) de la Cédéao.


Mohamed Daou

Assitan Haïdara (stagiaire)

12 Juin 2008