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Le mardi 4 septembre, face à la presse, à la Bourse du travail, l’UNTM a ressorti le protocole d’accord du 2 octobre 2011 signé entre elle, le gouvernement et le patronat, et qui est non encore satisfait, notamment la nouvelle grille salariale qui entre en vigueur en janvier 2013 avec effet rétroactif. La libération du Nord et le gouvernement de transition étaient également au menu. Décryptage.

Mardi, au cours d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a mis en avant la mise en œuvre du protocole d’accord UNTM-gouvernement-patronat du 2 octobre 2011. Celui-ci porte sur dix points, dont les grands axes sont : la nouvelle grille salariale applicable en janvier 2013 avec effet en juillet 2012. Son incidence financière est estimée à 6,08 milliards de F CFA.

Il y a aussi les droits des compressés de l’hôtel Azalaï de Tombouctou, de l’Huicoma, de l’Itema, de la Comatex et de la Smecma. Les primes et indemnités des catégories A, B, C et des contractuels avec application en mars 2012. Les conventions collectives, la relance du secteur postal, la part de la Sotelma, le plan de carrière dans la fonction publique, l’intégration des contractuels, la restauration du fonds minier et la cherté de la vie, etc.

Siaka Diakité a rappelé que toutes les institutions de la République sont en place et que le gouvernement est face à ses responsabilités. Pour lui, il s’agit maintenant de faire l’évaluation et l’application du protocole d’accord qui a force de loi quand bien même il a été signé à la suite d’un préavis de grève.

Le secrétaire général de l’UNTM a rejeté les offres du gouvernement pour un moratoire ou le gel dans l’application du protocole en mettant en avant la crise économique engendrée par les événements de mars 2012. A cette proposition du gouvernement, l’UNTM a répliqué par la demande d’adoption d’un chronogramme clair et précis.

Le dialogue entre les deux parties est en cours et le Premier ministre Cheick Modibo Diawara a joué l’arbitre en invitant ses ministres en charge du Travail et de la Fonction publique de trouver les moyens de mettre en œuvre le protocole.

Le patronat, de son côté, aux dires du patron de la Bourse du travail, a dressé un rapport circonstancié sur les impacts de la crise et a suggéré une rencontre bipartite sur le sujet pour des propositions concrètes. « Nous ne renoncerons jamais à notre protocole et pas à un rotin de nos primes tant que des gens continuent à se battre pour être ministres et gagner des avantages », a averti Siaka Diakité.

L’Etat invité à libérer le Nord

Pour la libération du Nord, l’UNTM dit attendre du gouvernement qu’il « s’engage immédiatement pour la libération du Nord de notre pays et tirer le maximum de profit du soutien proposé par la Cédéao, l’Union africaine et la communauté internationale ». Sur la base du constat selon lequel le gouvernement perd trop de temps, il a dénoncé la création anarchique de groupes d’autodéfense qui peut conduire, selon lui, à de nouvelles dérives.

L’UNTM membre fondateur du Front pour la République et la démocratie (FDR) dont elle assure la présidence, a expliqué sa non participation au gouvernement de transition par le fait que son syndicat refuse d’être juge et partie. Selon M. Diakité, il ne s’agit pas, pour sa centrale, « d’une occasion rêvée pour assouvir une ambition politique particulière ».

Il a ajouté que « la transition amorcée doit être renforcée et nous n’accompagnerons à aucun moment les jeux politiciens de certains acteurs, qui tenteraient de tirer la République et ses institutions vers l’abîme. Nous sommes déjà dans un trou profond dont il nous faut gravir laborieusement les parois pour reconquérir notre pays ». L’UNTM, aux dires de son secrétaire général, joue sa partition dans le cadre du réseau de résistants pour encadrer ses mandants et protéger les zones occupées par divers moyens.

L’UNTM a dénoncé la hausse du prix du gaz butane appliquée le 1er septembre et celle que les hydrocarbures enregistrent régulièrement. « Les récentes augmentations du prix du pétrole et du gaz butane sont intervenues à mi-parcours des consultations du Conseil national des prix dont les conclusions n’étaient pas encore tombées », a déploré Siaka Diakité. Selon lui, il était prévu qu’il y ait une augmentation de 500 F CFA par annuité sur le gaz en quatre ans, mais l’augmentation du 1er septembre a été de 1000 F CFA sur la bouteille de 3 et 6 kg.

Toujours selon lui, l’argument développé par le gouvernement selon lequel, le gaz est moins cher au Mali qu’en Côté d’Ivoire, au Sénégal et Burkina Faso ne tient pas parce que les travailleurs maliens désavantageux par rapport à leurs camarades de la sous-région doivent jouir de ces avantages.

Il a invité le Conseil national des prix dont elle est membre à corriger les dérapages.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 5 Septembre 2012