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Au terme de l’article 24 de la loi électorale N°06-044 du 4 septembre 2006, l’Etat met à la disposition de la C.E.N.I les moyens matériels et humains nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Les frais de fonctionnement de la C.E.N.I et de ses démembrements sont à la charge de l’Etat et font l’objet d’une inscription au budget de l’Etat. Çà c’est sur papier noir sur blanc.

Mais la pratique est tout autre. Depuis l’installation de la structure le 2 octobre 2008 par décret du président de la République et la mise en place de son bureau les 7 et 8 octobre, la CENI a du mal a accomplir ses missions faute de moyens matériels et financiers. Sur les 17 véhicules de service qu’il faut pour son personnel, elle n’a eu que 5 pour l’instant.

Pour le déplacement de ses membres à l’intérieur du pays, la CENI est obligé de faire appel à des sociétés de location de voitures. Mais puisqu’elle n’a pas de moyens financiers, son fonctionnement se fait par crédit. Dans cette situation d’insuffisance de fonctionnement, un doigt accusateur est pointé au ministre des Finances, M. Abou-Bacar Traoré pour n’avoir par obéit aux instructions du Premier ministre Modibo Sidibé.


Deux missions extra budgétaires

Faute de moyens de locomotion à sa disposition, l’équipe de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), présidée par Seydou Traoré a déjà effectué deux missions sur le terrain en louant des véhicules. Les frais de location de ces voitures sont extra-budgétaires, a-t-on appris. La dernière mission de la CENI sur le terrain remonte au 5 janvier 2009.

Cette mission était prévue pour le 15 décembre 2008 afin d’aller constater la révision annuelle des listes électorales qui a pris fin le 31 décembre. Le Premier ministre, informé de la situation, a reçu en audience une délégation de la CENI le 23 décembre 2008.

Ce jour là, le Premier ministre a instruit au ministre des Finances l’achat de 6 véhicules au moins sur les 8 restant avant le 5 janvier 2009. “Les 6 véhicules de la CENI doivent être prêts pour la mission du 5 janvier 2009”, aurait ordonné le Premier ministre à Abou-Bacar Traoré.

Le 4 janvier, l’équipe de Seydou Traoré a appris avec désolation que le ministre des Finances ne s’est pas exécuté. Dans la matinée du 5 janvier dernier, c’est le Premier ministre en personne qui a appelé le président de la CENI pour l’autoriser à louer des véhicules pour sa mission une seconde fois pour des dépenses imprévues.


Des chauffeurs sans véhicules

Conformément à ses prérogatives, la CENI a recruté des chauffeurs. Ces chauffeurs au nombre d’une demi douzaine sont des charges inutiles pour la structure. Ils passent tout leur temps sous les arbres à prendre du thé, à la fin du mois, ils touchent leur salaire.

Nous sommes recrutés à la CENI comme chauffeurs, mais depuis octobre, nous n’avons jamais touché au volant, et pourtant nous prenons nos salaires”, nous a lancé l’un des chauffeurs en riant pour dire que l’administration malienne est la vache laitière.


Le transport en commun pour les agents de la CENI

Faute de véhicule de service, des agents de la CENI sont obligés d’emprunter des véhicules de transport en commun pour se rendre au service ou pour leurs courses dans la ville de Bamako. Même pour aller retirer les maigres ressources de la CENI dans les banques de la place, il n’est pas rare de voir ses agents dans les SOTRAMA ou taxi. Sur le budget du 1er trimestre qui s’élève à 195 900 000F CFA, le ministre des Finances n’a débloqué que 100 000 000F.


Composition et mission de la CENI

Sur les 15 membres de ladite structure, 10 sont issus des partis politiques et 5 de la société civile. Cette équipe a été installée dans sa fonction conformément au décret présidentiel n°08-597/P-RM du 26 septembre 2008 portant nomination des membres de la CENI.

Il s’agit, au titre des partis politiques de la majorité présidentielle, de Seydou Traoré (ADEMA), ancien ministre de l’Agriculture, Dr. Beffon Cissé (URD), Issiaka Kampo (MPR), Seydou Diabaté (UDD), Mme Kadiatou Traoré (RDS) et Mamadou Koumah (PDR). L’opposition est représentée par Oumarou Arboncana du (RPM), Sidy Camara du (PARENA) et Massa Sogoba du parti (SADI).

Quant à la société civile, elle est représentée par Maurice S. Sogoba au nom des confessions religieuses, (plus précisement de l’église protestante), Adama Fomba du Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM), Me Moussa Goïta du conseil de l’Ordre des avocats, Boubacar Théodore Diop de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) et enfin Mme Oumou Touré représentant la CAFO.

Dans l’histoire politique du Mali moderne, c’est la 5ème fois depuis 1997 que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est mise en place dans le cadre de l’organisation d’élections générales (1997, 2002, 2004, 2007 et 2008). Aux termes de l’article 3 de la loi électorale, la CENI est chargée de la supervision et du suivi des élections générales et des opérations référendaires.

C’est dans ce cadre, qu’elle intervient à toutes les étapes préparatoires des différents scrutins (présidentiel, législatif et communal), de la période de révision des listes électorales qui précède les scrutins, jusqu’à la proclamation provisoire des résultats par le ministère de l’Administration Territoriale en passant par la gestion des candidatures, la confection et la distribution des cartes d’électeur, la gestion des campagnes électorales, l’implantation des bureaux de vote, la production et l’acheminement des documents électoraux jusqu’à la proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle.

Toute chose qui confirme le rôle éminemment politique de la CENI dans la régularité, la transparence et la fiabilité des résultats des votes. Après l’élection de son président en début de soirée du mardi 7 octobre 2008, en la personne de Seydou Traoré de ADEMA, ancien ministre de l’Agriculture de façon consensuelle, les 15 membres de la CENI se sont retrouvés le lendemain mercredi 8 octobre pour l’éléction des autres membres du bureau.


Composition du bureau de la CENI

Seydou Traoré (ADEMA), président

Boubacar Théodore Diop (AMDH), 1er-vice président

Issiaka Kampo (MPR), 2ème vice-président

Oumarou Arboncana (RPM), 3ème vice-président

Mme Oumou Touré (CAFO), 4ème vice-président

Seydou Diabaté (UDD), 5ème vice-président

Dr. Beffon Cissé (URD), 1er questeur

Sidy Camara (PARENA), 2ème questeur

Maurice S. Sogoba (confessions religieuses), 1er rapporteur général

Mme Kadiatou Traoré (RDS), 2ème rapporteur général

Mamadou Koumah (PDR), président de la sous-commission campagnes électorales.

Massa Sogoba (SADI), président de la sous-commission opérations de vote

Adama Fomba (SAM), président de la sous-commission affaires juridiques et judiciaires

Me Moussa Goïta (barreau), président de la sous-commission administrative.

Gaoussou Traoré (UFDP), président de la sous-commission suivi des démembrements de la CENI.

A ce rythme de fonctionnement de la CENI, il ya lieu de s’interroger sur la volonté de l’Etat à organiser les élections communales d’avril 2009 comme prévu.


Quand est-ce que cette situation prendra fin?

Daba Balla KEITA

09 Janvier 2009