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Du 23 au 24 mai 2013 s’est déroulé dans les locaux de la Maison de la Femme de Sabalibougou un atelier de formation des journalistes sur l’excision et les droits des enfants. Deux jours de formation qui ont permis aux hommes de média de comprendre le danger de ce phénomène.

La cérémonie d’ouverture était placée sous la direction de la directrice du Programme National de Lutte contre l’Excision, Mme Keïta Joséphine Traoré, et de la directrice de la Maison de la Femme, Mme Djourté Fatoumata Dembélé. Les communications ont été présentées par Mme Sidibé Bintou Fofana et Mathieu Traoré.

Prenant la parole, la directrice de la Maison de la Femme fera savoir que les hommes de média ont un rôle très important à jouer dans le cadre de l’information et de la sensibilisation. Elle fera savoir aussi dans son intervention que l’enfant d’aujourd’hui peut être la femme épanouie de demain. Il faut une sensibilisation pour comprendre les méfaits du fléau.

Pour Mme Keïta Josephine Traoré, l’excision est une pratique ancestrale qui a son ancrage dans notre culture. Une pratique de santé publique dont, sur 100 femmes, 85% ont subi l’excision. Cela porte une atteinte grave à la santé de la femme. Selon elle, bien que plusieurs justifications soient données pour le maintien de cette pratique, elle semble liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité.

La communication de la première journée présentée par Mme Sidibé Bintou Fofana portait sur l’ampleur de l’excision (épidémiologie) et les généralités sur le phénomène (définition, typologies, justifications, techniques et complications). La séance a été suivie par la projection d’un film. La deuxième journée, présentée par Mathieu Traoré, a porté sur le droit des enfants et l’interrelation avec l’excision, la notion de droit, les textes internationaux, régionaux et nationaux relatifs aux MGF/Excision, les principes de la CDE et les droits violés par les MGF/Excision.

Dans la première communication, on peut retenir que selon l’OMS, on estime à 132 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, dont 120 millions en Afrique. Deux millions de cas par an sont enregistrés, 28 pays sont en ligne de mire avec le Mali en tête.

La communication indique aussi qu’il y a quatre types d’excisions. Il s’agit de la clitoridectomie, l’excision, l’infibulation et la ponction. Le phénomène est partout au Mali.

Bamako (92%), Kayes (98,3%), Koulikoro (97%), Sikasso (94,7%), Ségou (92,2%), Mopti (75,4%, Tombouctou (44%), Gao (01,8%) et enfin la région de Kidal avec (00,9%).

La deuxième communication a permis aux hommes de média de comprendre que 45,3% des populations n’ont pas d’information sur les complications de l’excision. Il a signalé que 421 villages dans une quarantaine de communes ont abandonné l’excision. Il a profité de cet atelier pour signaler qu’il n’y a aucune loi au Mali qui réprimande la pratique.

Destin GNIMADI

10 Juin 2013