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Les sujets des épreuves de l’examen national des écoles de santé, qui a pris fin samedi, ont fait le tour de la capitale et étaient proposés à vil prix aux candidats.

L’on est encore loin de la moralisation des examens et concours au Mali. Rarement, un examen se déroule dans notre pays sans qu’on ne parle de fuite ou de vente de sujets. Mais quand ce sont des hommes et des femmes chargés de veiller prochainement à la santé des populations qui doivent passer par des pratiques pour obtenir leur parchemin, il y a à s’inquiéter et à s’interroger sur le devenir des patients.

Commencé le 30 juin 2008 pour s’achever le 19 juillet dernier, l’examen national dans les écoles de santé ne s’est pas déroulé dans les règles de l’art. La raison ? Les sujets n’ont pas attendu les salles d’examen pour être soumis à l’appréciation des candidats en l’occurrence, les techniciens de santé et les infirmières.

Selon nos sources, les épreuves dans des disciplines comme la médecine légale, l’ORL, l’anesthésie-réanimation, la pédiatrie, la stomatologie sont concernées par la fuite. « Vendredi à 7 h 30, j’étais chez moi lorsqu’une candidate est venue me voir avec des sujets me demandant si je suis au courant que des sujets sont en train d’être vendus en ville et que des écoles de santé ont acheté et mis à la disposition de leurs candidats ».

« En réponse, continue notre source, je lui ai dit que je ne rentrerais pas dans de tel jeu car il ne va pas dans l’intérêt des élèves surtout qu’ils doivent avoir quelque chose dans la tête pour la prise des patients. Tout de suite, j’ai pris les copies des matières qu’elle m’a apportées pour en faire des photocopies.

Lorsqu’elle est retournée, j’ai appelé après 10 h pour me faire une religion sur le sujet qui a été donné. Effectivement, c’était ce qu’elle m’a apporté même une virgule n’a pas été changée ». Et d’ajouter que « des infirmières disaient dans une clinique qu’elles ont eu tout le sujet de l’examen national pour les écoles de santé ».

Selon nos informations, les sujets auraient fait fuite à partir de Ségou par la complicité de l’agent qui a été chargé d’expédier les épreuves dans cette localité.

De même, apprend-on, elles auraient été cédées à Ségou à un prix minable : 6000 F CFA. Une chose paraît certaine, de la manière dont il y a eu fuite à Bamako et à Ségou, tout semble concourir à dire qu’il en était de même pour l’ensemble du pays surtout quand on sait que l’examen de fin d’études des techniciens de santé est national.

Devant ce cas de figure, l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS), qui est chargé de choisir les sujets, est interpellé à plus d’un titre pour faire la lumière sur cette situation qui n’honore guère notre pays.

Nos sources rapportent que le directeur de l’Institut a été saisi par l’une de ses connaissances lui informant que les sujets ont fait la fuite. Malgré tout les candidats se pavanaient avec les fameux sujets dans le district et ailleurs.

Il y a lieu de se demander quelle sera la qualité de notre système sanitaire s’il est avéré que tous les moyens sont bons pour nos futurs techniciens de santé pour obtenir leur sésame devant les autoriser à exercer dans nos hôpitaux et centres de santé.

Avec un faible niveau seront-ils en mesure de détecter une maladie ? Les patients ne courent-ils pas de graves risques ?

Mohamed Daou

21 Juillet 2008