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Après la session ordinaire des examens de fin d’année qui s’est déroulée en juillet 2012, le gouvernement a organisé en octobre une session spéciale pour les élèves et étudiants des régions du nord du Mali. Les résultats sont disponibles depuis le 30 Octobre. Et plus que la session ordinaire, ces résultats sont catastrophiques. Le département de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales s’est donc expliqué…

Les précédents résultats déjà jugés catastrophique étaient considérés par le département comme le reflet du niveau réel des élèves et étudiants. Le ministre de l’Education, de l’alphabétisation et des langues nationales, Adama Ouane, est donc obligé d’admettre que ceux de la session spéciale «sont franchement mauvais. Ils sont bien au-delà de ce que nous avions pu imaginer».

Le Diplôme d’Etude Fondamental (DEF), avec 3 284 candidats, n’a enregistré qu’un taux de réussite de 3,35 % (110 candidats déclarés admis). Au baccalauréat général, le taux de réussite est de 9,27 % (66 candidats déclarés admis sur un effectifs de 712 élèves). Le bac technique qui avait deux candidats n’a enregistré aucun passage. Six candidats sur 54 ont passé le Certificat d’Aptitude Professionnel (CAP), soit un taux de 11,11 %).

Le Brevet de Technicien – Première Partie – (BT1) recueille 2,55 % de taux de réussite sur un effectif de 157 étudiants. C’est au BT2 qu’il y a eu le taux plus ou moins acceptable de 22 %. Mais il n’y avait qu’une centaine d’étudiants à l’examen. Le caractère «catastrophique» est bien reconnu par le gouvernement qui a décidé d’ajourner l’année scolaire 2011-2012 pour tous les élèves et étudiants des régions occupées. Pour le ministre, les efforts consentis par les élèves, leurs parents, les enseignants et l’administration scolaire n’ont pu empêcher cet échec massif. Une explication s’est donc imposée

Conditions pénibles

«Nous avions pensé qu’en mettant les moyens financiers, humains et matériel, qu’en essayant de créer les conditions propices à un déroulement normal des examens, que nous allions pouvoir réussir à faire gagner l’année par une bonne partie de nos candidats du nord», explique le ministre Ouane, au bord de l’amertume. Mais le ministre n’a pas franchi le Rubicon pour «regretter» l’organisation de ladite session spéciale. Si elle était à refaire, le département le ferait, estime-t-il. Mais «il faut qu’on se rende compte que l’année était perdue», d’avance, a-t-il admis.

Pour lui, la réalité est que la situation que vivent les enfants, victimes de traumatisme, est beaucoup plus sévère qu’on ne le pense. Le choc psychologique subit par les parents a été encore moins violent que chez les enfants, a-t-il indiqué.

Prévus du 8 au 13 octobre, il n’était pas encore précisé avec certitude, le 3 octobre, le lieu où devait se tenir lesdits examens. Selon le ministre, le gouvernement était prêt à se soumettre à certaines exigences des forces occupantes pour permettre de les tenir sur place (au nord). Parmi les exigences susceptibles d’acceptation pour le ministre figurait la séparation des filles et garçons dans les classes.

Mais les islamistes ont tiré la barre plus haut en exigeant des «professeurs musulmans» pour la surveillance. Ce qu’a été jugé intolérable par le gouvernement. C’est finalement au sud notamment à Bamako, Ségou et Mopti que se sont déroulés ces examens. Et les élèves et étudiants auraient été transportés dans des conditions très précaires, souvent la veille même de l’examen, rapporte des témoins.

Seydou Coulibaly

05 Novembre 2012

©AFRIBONE