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Au moins, 400 candidats au permis de conduire sont enregistrés par séance à l’Office national des transports (ONT) .

Méconnaissance du code de la route, son non respect par les usagers et des imprudences de ces derniers… sont à l’origine de nombreux accidents de la circulation. Des statistiques révèlent que les jeunes constituent la couche la plus exposée. Une situation favorisée par la floraison des engins à deux roues.

Pour mettre le holà à l’hécatombe, le gouvernement, à travers le ministère de l’Equipement et des Transports, a initié une opération de grande envergure dénommée « examen moto ou permis de conduire ». A travers cette opération, qui a démarré le 17 novembre 2008, il s’agira, pour chaque motocycliste, de porter le casque, de disposer d’un permis de conduire et d’une plaque d’immatriculation. Des formalités à remplir au plus tard le 30 avril 2009.

Pour permettre aux uns et aux autres de se mettre à jour, il a été créé 4 centres de dépôt des dossiers. Il s’agit de la direction nationale de l’ONT, de la Cité des enfants, de l’ex-Garage administratif à Darsalam et de l’ex-centre de formation des travaux publics. Pour la constitution du dossier, il faut fournir 4 photos d’identité, une copie d’acte de naissance plus son adresse complète.

Aujourd’hui, un tour à l’ONT ou à la Cité des enfants, permet de se rendre compte à la fois de l’effectivité de l’opération et de la grande mobilisation qu’elle suscite de la part des propriétaires d’engins à deux roues. Le personnel requis pour les besoins de la cause est débordé. L’affluence est telle qu’on se croirait dans un marché. En vue d’assurer le succès de l’opération, des services techniques comme les impôts, la douane… ont été mobilisés.

Selon le chef de la division permis et autorisation de conduire de l’ONT, Tahirou Touré, pas moins de 400 candidats sont enregistrés par séance qui a lieu pour l’instant les lundi et jeudi. Et lors des séances de formation de 30 à 45 minutes, l’inspecteur de permis explique des notions élémentaires du code de la route avec pour seul objectif de parvenir à minimiser les risques d’accidents.

Apport budgétaire de près de 7 milliards de F CFA

« C’est une opération qui vise à régulariser une situation vécue dans presque tous les pays de la sous-région. L’Etat, en initiant des séances d’examen à l’intention des usagers à deux roues, veut faire en sorte qu’ils changent positivement de comportement à travers une observation stricte des règles du code de la route. Par séance, l’on enregistre au minimum 400 candidats » , explique le chef de la division permis et autorisation de conduire à l’ONT.

L’apport budgétaire du projet est estimé entre 6 et 7 milliards de F CFA. Pour M. Touré, il ne s’agit nullement pour l’Etat à travers ce pactole de renflouer ses caisses, mais d’assurer et de renforcer la sécurité routière. « A mon avis, l’opération ne se résume pas au renflouement des caisses de l’Etat. Quiconque qui est au courant de la circulation à Bamako, même si l’Etat ne se manifestait pas, les usagers eux-mêmes devaient se mobiliser pour venir à bout d’un fléau qui n’a que trop duré. Je reste convaincu que l’opération va contribuer à réduire le taux d’accident parce qu’il y a beaucoup d’usagers qui ne savent pas conduire ».

Toutefois, M. Touré reconnaît pour autant que suivant des statistiques qui parlent de 500 000 motos dans le district, qu’il est fort possible que le délai imparti ne soit pas respecté. De même qu’au regard de l’insuffisance de ressources humaines et matérielles. Néanmoins, dit-il, ces préoccupations qui ont été soumises aux autorités compétentes feront l’objet d’examen par une Commission constituée à cet effet.

« Apparemment, les 4 mois ne doivent pas suffire au regard du nombre important des engins. Et il n’est pas évident pour un inspecteur de permis de signer 400 à 500 PV par séance. En plus, il y a des difficultés liées à l’insuffisance de ressources humaines et logistiques. Mais ces questions ont été soumises à qui de droit » .

Dans la même manière, le chef de la division permis de conduire de l’ONT, estime que les 30 à 45 minutes de formation sont peu pour maîtriser tous les contours de la circulation. « Certes, la durée de formation est relativement courte. Mais ce n’est pas rien non plus. L’usager doit avoir chaque fois sur lui son code de la route. Car, c’est tous les jours que l’on apprend. Pour nous, le détenteur du permis doit être notre interlocuteur auprès de ceux qui n’en ont pas ».

N’eût été le nombre insuffisant d’inspecteurs de permis (7), Tahirou Touré pour plus d’efficacité et de rapidité privilégie le déplacement des agents de l’opération jusque dans les services qui en exprimeront le besoin. En attendant, assure-t-on, les difficultés signalées ça ou là ne sont pas de nature à influer négativement sur le bon déroulement du travail sur le terrain.


L’inspecteur Mahamadou Dembélé: « L’affluence est grande »

Avec le lancement de l’opération permis de conduire, la Cité des enfants ne désemplit plus.

« Les choses se passent bien dans l’ensemble. Il n’y a pas de problèmes majeurs et l’affluence commence à être grande » . Ces propos de l’inspecteur de permis à la Cité des enfants, Mahamadou Dembélé, prouvent à suffisance tout l’intérêt que les détenteurs de deux roues accordent à l’opération permis de conduire.

Selon ses explications, les candidats sont soumis à différentes « épreuves » relatives à la formation théorique et pratique. Aux dires de M. Dembélé, la phase de formation, consiste à inculquer aux candidats des notions élémentaires du code de la route. La phase théorique est destinée à tester si les notions dispensées ont été bien assimilées par les candidats. La phase pratique, qui est l’aboutissement de la précédente, a trait à l’équilibre et à la maîtrise de l’engin.

L’inspecteur de permis de conduire, Mahamadou Dembélé de dire que le nombre de candidats qu’ils enregistrent par séance frôle, voire dépasse les 400. Il a expliqué le choix de la Cité des enfants par le fait que la grande salle peut suffisamment contenir de candidats.

« La phase formation, la phase théorique et celle pratique ont lieu le même jour » , indique-t-il. Tout comme à l’ONT, à la Cité des enfants, l’on souhaite également le renforcement des moyens humains et matériels en vue du bon déroulement de l’opération.

Mohamed Daou

21 Janvier 2009