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Autrefois considérée comme un vrai temple du savoir, l’Ex-Ecole Nationale d’Administration (ENA) est devenue, depuis, une Faculté en proie à un avenir incertain. En effet depuis six années, cette Faculté est confrontée à d’innombrables difficultés qui frappent tantôt ses professeurs, tantôt ses étudiants.

Mais force est de reconnaître que ces difficultés sont du côté des professeurs -en majorité, ceux du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SYNESUP, dirigé par Djibonding Dembélé, et qu’elles sont à l’origine de cette instabilité croissante.

A tort ou à raison, les étudiants avaient été accusés de ne pas vouloir entrer en classe. Mais la maturité des responsables du comité AEEM a été déterminante, aidés en cela par ses militants qui ont finalement compris que leur avenir en dépend. Pourtant, depuis un certain, une certaine confusion s’est installée au sein de l’ex-ENA.

Une confusion totale

Tout est parti de l’élection du doyen Harouna Dembélé. Contesté par le corps professoral et les étudiants, ce dernier serait considéré comme “le pion“ du SYNESUP, et surtout, de la recteur de l’Université.

Face aux irrégularités et violations dans le déroulement des élections, le doyen sera contesté . La justice sera saisie et un arrêté de justice sera finalement rendu pour mettre fin à la fonction du doyen.

Malheureusement, cette décision ne sera pas appliquée. Pire, l’administration s’est laissée manipulée par le Syndicat dirigé par Djibouding Dembélé. Ce qui poussera le SNEC à se désolidariser des actes posés par le SYNESUP.

Depuis plus de dix mois, tout serait pris en otage par Djibouding et ses partisans. Et la plupart des professeurs membres du SYNESUP dispensent les principales matières de la FSJP et la FSJE.

Ce qui explique que depuis l’élection de Harouna Dembélé au poste de doyen, il n’a pu nommer ses collaborateurs. Ainsi, le chef du DER, le vice-doyen, le secrétaire principal, le chef de la scolarité n’ont jamais été nommés. Tout était laissé aux desiderata du syndicat de Djidonding Dembélé. Ce qui provoqua les cafouillages incessants constatés lors des examens de session.

Grâce à la seule volonté du doyen, conseillé en cela par le SYNESUP, une suspension fut constatée en plein examen, et cela, pendant 25 jours. Comme si à l’ex-ENA, l’administration n’est pas une chaîne continuelle…

Aussi, c’est dans une confusion totale que les résultats furent publiés, avec la catastrophe que l’on sait : 3,8% de réussite. Du coup, les réclamations des étudiants étaient attendues : 36.242 réclamations furent déposées, mais sans suite.

L’ex-ENA va-t-elle disparaître?

C’est la question qui brûle aujourd’hui toutes les lèvres, en plus de celle de savoir si cette Faculté ne va tout simplement pas “fermer boutique“. D’ailleurs, selon les révélations de Ousmane Diarra “Gousno” , c’est l’objectif visé par Djibonding. A ses dires, Djibonding avait proposé, à l’époque, la fermeture de cette Faculté pendant trois années, seule alternative pour régler tous les problèmes.

La faculté n’est pas encore fermée, mais rien n’y marche actuellement. La situation des résultats de 2006-2007 n’est pas réglée, les promotions de 2003 à 2007 n’ont pas encore soutenu, il n’y a plus de cours dans les matières principales, une grève illimitée a été décrétée depuis le 7 Mai 2008.

A ces calamités, il faut ajouter une bibliothèque qui ne fonctionne plus, faute de documentation, le manque d’infirmerie et celui, plus criard, de salles de classes nécessaires pour abriter ces milliers d’étudiants. C’est peut-être ce qui explique leur dispersion un peu partout à travers la ville de Bamako?

L’Etat interpellé

Au vu cette situation cauchemardesque que vit l’ex-ENA, le comité AEEM à proposé deux alternatives : soit côtiser pour recruter des professeurs étrangers, soit amener les étudiants terminalistes à dispenser les cours. Mieux,les responsables du comité AEEM sollicitent tout simplement l’intervention de l’Etat pour mettre fin à l’anarchie qui a désormais droit de cité dans cette Faculté.

C’est un devoir d’obligation, pour les autorités du Mali, car cette ex-ENA a formé les plus grands magistrats et avocats de ce pays. Or ces derniers seront un jour appelés à faire valoir leur droit à la retraite.Il revient donc à l’Etat de préparer, sinon d’assurer dès cet instant la relève. C’est ce qu’étudiants et parents d’élèves espèrent, du reste.

Les actions et initiatives prises par le ministre des Enseignements Secondaire, supérieur et de la Recherche Scientifique, M. Amadou Touré, sont saluées par le comité AEEM. En tout cas, selon eux, personne n’est indispensable, encore moins les professeurs du SYNESUP, surtout qu’il existe, au Mali, des milliers de détenteurs de doctorat en droit.

Il est donc grand temps que chacun s’assume, surtout les autorités politiques et administratives.


Sadou BOCOUM

12 Mai 2008