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Démarré depuis le 17 Août 2008 au dojo Réné Canvel à Djélibougou, le stage international de Judo parrainé par l’Association Malienne du Développement du Judo (AMDJ) a pris fin le 22 Août, au même lieu.

Ainsi, pendant une semaine environ, une quarantaine de pratiquants du Judo de 4 salles ont suivi avec intérêt et sérieux les leçons et notions de trois experts de la discipline : Maîtres Kobena Krémé de la Côte-d’Ivoire, 5è Dan ; Jako Andria Fiserana de Madagascar, 4è Dan ; et Abdoulaye Aziz Théra du Mali, 4è Dan.

Après des cours de théorie, ce fut des cours pratiques. Ce qui a permis de tester et de jauger le niveau et le degré de compréhension des stagiaires. Au cours de ce stage, la grosse satisfaction fut que toute la créme des pratiquants de Judo, étaient présente. Ce qui n’est pas une surprise, quand on sait que parmi les 4 clubs présents, trois salles les plus sophistiquées et modernes appartiennent aux dits clubs.

Selon le vice-président de l’AMDJ, Me Kenta, son association n’a d’autre but que de promouvoir le Judo au Mali : “Nous ne poserons jamais d’actes nuisibles au Judo malien. Au contraire, nous participons à son rayonnement. Malgré qu’on soit victime de cabale et de diffamation, nous continuerons à œuvrer pour le bonheur du Judo. La preuve, nous possédons les meilleures salles de formation au Mali.

Nous, nous servons le Judo, car c’est l’argent que nous sortons de nos poches comme cotisations pour le fonctionnement de nos activités. On n’a jamais reçu de subventions de l’Etat. Pourquoi nous en veut-on ?”, a-t-il affirmé.

A la fin du stage, des attestations ont été délivrées à tous les stagiaires, formateurs, et hommes de médias présents. Ce stage rentre dans le cadre de la coopération entre les dojos du Judo Eburinéen Louis Guirandou N’Diaye (Côte d’Ivoire), Réné Canvel (Mali), et le dojo dirigé par Me Jako de Madagascar. A noter que Louis Guirandou N’Diaye fut le premier président de l’Union Africaine du Judo ; et il est l’un des pères fondateurs de cette institution africaine.

Les experts affirment

A la fin du stage, les deux formateurs de la Côte d’Ivoire et de Madagascar ont tous reconnu que cette initiative salutaire va permettre l’évolution du Judo en Afrique, après sa phase de recul. Aussi, l’expert malgache, Me Jako Andria Fiserana, de déclarer : “Je suis très heureux de participer à ce stage de Bamako.

Ce fut l’occasion, pour moi, de pouvoir transmettre mes connaissances aux enfants qui ont l’envie d’apprendre et de devenir des grands dans le futur. Il faut cela pour que le Judo africain puisse sortir de sa torpeur actuelle“.

Et d’ajouter : “Il faut nécessairement des échanges entre les pays africains ponctués par des compétitions. Ce qui fait qu’en Europe, le Judo est développé, contrairement en Afrique. Je suis vraiment surpris de voir un engouement chez les tout petits surtout.

Je sais que des problèmes existent partout en Afrique ; mais j’interpelle le ministère des Sports à s’investir davantage pour réunir tout le monde autour d’une table. C’est à ce titre seulement qu’on pourra faire avancer cette discipline qui est en train de stagner chaque année. Le Judo souffre du fait de sa politisation ; et tant que cela demeurera, l’Afrique ne pourra pas avancer en Judo”.

L’expert ivoirien, Me Kobena Krémé, quant à lui, affirme : “Je suis agréablement surpris du nombre élevé des stagiaires. Cela veut dire que le Judo est bien pratiqué au Mali. On sent que les enfants ont envie de savoir, et ils en ont la volonté.

J’ose croire que chacun a profité de ce stage. A voir tout ce potentiel humain, et que le Judo africain n’arrive plus à décoller, c’est vraiment dommage. Pour cela, il faut mettre fin à la politisation des fédérations sportives. Cela veut dire, mettre la politique devant le Judo.

Cela ne peut rien nous donner, sauf nous détruire. Il est temps de stopper nos propres intérêts personnels inavoués, mais de penser à l’intérêt général. Avec cela, et en plus des compétitions inter-Etats, cette discipline retrouvera ses lettres d’antan“.

Et de conclure : “Que chacun mette de l’eau dans son vin, car aucune division ne peut rien nous procurer. Moi aussi, j’interpelle le ministère des Sports et les anciens, pour que tous les vrais acteurs se retrouvent ensemble ,pour l’intérêt général du Judo.

Il faut éviter les conflits de générations. En un mot, tenir un langage de vérité. A mon humble avis, si ces œuvres de contact continuent à se faire entre les différents pays africains, le Judo verra le bout du tunnel. Comme le font les Européens, on doit utiliser le Judo comme mode
d’éducation qui passe par une formation à la base
”.


Sadou BOCOUM

25 Aout 2008