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Depuis plusieurs semaines, la commune de Tessit, située dans le Gourma d’Ansongo, est occupée par un groupe d’Imgad, dirigé par Akilicla, fils du chef de fraction de Tessit. Ce dernier règne en maitre absolu dans la zone et terrorise les Peulhs du cercle, avec comme conséquence l’enlèvement du bétail.

Plusieurs fois, le Général Kalifa Keïta, chargé des opérations dans la crise du Nord, a dépêché une colonne de l’armée pour libérer cette localité. En vain. La dernière mission date du jeudi 1er mars. Elle était dirigée par le Capitaine Ibrahim Bossou. C’est elle qui avait raté sa cible et effrayé les paisibles populations d’un campement situé à un kilomètre de Gossi.

C’est donc dans la logique de la libération de cette zone que le même Général Kalifa Kéïta a ordonné au Sergent Amadou Diallo de Gandaïso, d’y faire une excursion. Au cours de sa randonnée, aux environs de Tessit, il a rencontré des jeunes armés qui se dirigeaient vers le grand marigot de la zone. Ceux-ci, à en croire un policier d’Ansongo, ont vite paniqué et n’ont hésité à tirer sur le convoi du Sergent Diallo, avant de disparaitre dans la nature. Ils ont donc été suivis, selon notre source, et le leader de Gandaïso et ses hommes sont parvenus à tuer six d’entre eux et à faire un prisonnier.

Avant que cette source ne nous relate ces faits, ce sont des SMS qui avaient circulé, selon lesquels le Sergent Amadou Diallo et ses hommes s’étaient dirigés dans un campement Imiticha, dans la commune de Tessit, cercle d’Ansongo, pour tuer deux personnes et en emporter trois comme prisonniers. C’est le nécessaire recoupement qui nous a permis de joindre ce policier d’Ansongo. Ensuite, de fil en aiguille, nous avons pu joindre au téléphone le Sergent Diallo lui-même, le vendredi 9 mars à 12 h 45 mns.

Voici sa version des faits. «Mon frère, ce qu’on vous a raconté est faux. Nous n’avons pas tué deux personnes dans un campement. Nous avons été victimes d’une embuscade, qui n’a rien donné. Nous les avons donc poursuivis. Au cours de l’accrochage, nous avons tué six rebelles et fait un prisonnier. Au moment où je te parle, je me dirige vers Gao pour livrer aux autorités compétentes le prisonnier et les armes récupérées».

Rappelons que le Sergent Amadou Diallo, ancien de Gandakoye et leader actuel de la branche armée de Gandaïso avait quitté, il y a deux ans, son poste de Dakar, où il travaillait aux Entrepôts du Mali au Sénégal, pour créer ce mouvement, suite aux nombreuses agressions et vols de bétails que subissaient ses parents d’Ansongo, notamment à Fafa. Il avait été par la suite arrêté puis emprisonné à la Sécurité d’Etat pendant huit longs mois, avant de se voir élargir sans réhabilitation. Il était depuis au chômage.

Durant cette période, une grande escroquerie a été organisée, sous l’appellation «Flamme de la paix de Fafa» avec, bien sûr, le soutien du pouvoir, mais sans l’onction de la branche armée de Gandaïso.
Plus tard, Bamako a compris la réalité et n’a plus respecté aucun de ses engagements vis-à-vis des organisateurs de cette rencontre, notamment le Maire de Gao, Sadou Diallo, et autres.

Face à cette nouvelle donne, les mêmes personnes, qui avaient à l’époque mis le sergent Diallo de côté, sont allés le chercher pour le prier de venir défendre sa patrie. C’est ainsi qu’il a été présenté au Général Kalifa Kéïta, lequel a mis des moyens à sa disposition pour sécuriser la zone d’Ansongo, surtout la partie frontalière avec le Niger. A suivre.

Chahana Takiou

Le 22 Septembre du 12 Mars 2012