Partager

Dans une réunion tenue immédiatement après la prise du camp de Tessalit, le samedi 10 mars dernier, les rebelles ont mis en place un véritable plan de guerre pour attaquer leur prochaine cible, à savoir la ville de Kidal. Selon des sources militaires très confidentielles à Kidal, ils aurait l’intention de fixer l’armée vers le Nord et ensuite d’attaquer sur le front Est, pour passer par Ansongo, Labbezanga, Tassigua… Cette stratégie aurait comme conséquence la coupure de tout contact avec nos voisins du Niger et du Burkina Faso. De plus, les rebelles auraient aussi l’intention de soulever les populations touarègues des pays cités pour les attaquer ensuite.

Kidal, le bunker

A Kidal, actuellement, les manœuvres vont bon train pour contrer une éventuelle attaque rebelle. Une ceinture d’environ 30 km s’est déjà formée autour de la ville dans les directions de Ménaka, Tessalit, Gao, Tinessako et Intadéni. En début de semaine, une colonne d’une trentaine de véhicules, bien armés, ainsi que de plusieurs blindés, a rejoint la capitale de l’Adrar des Ifoghas. A en croire des sources sur place, les militaires ont reçu de nouvelles armes et des camions civils ont même été mis à contribution pour transporter certains matériels.

Paul Mben

Le 15 Mars 2015

********************************************

Repli stratégique de Tessalit, l’armée s’explique : «Nous avons choisi de protéger la vie de plus de 1 500 civils»

Le Directeur de la DIRPA, le Colonel Idrissa Traoré, assisté du Lieutenant-colonel Diaran Koné, a animé un point de presse, le lundi 12 mars dernier, pour expliquer aux hommes des médias les raisons du repli stratégique de l’armée malienne de Tessalit.

Entrant d’emblée dans le vif du sujet, le Colonel Idrissa Traoré a expliqué aux journalistes qu’à cause des attaques répétées des bandits armés, c’est plus de 1 500 civils qui étaient venus se réfugier dans le camp Amachach de Tessalit. Avec plus de 1 500 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants meurtris dans leur chair par les bruits de canon, fallait-il mener les combats ou protéger les vies? «Aussi avons-nous choisi en premier lieu de protéger les vies humaines».

Autre raison avancée par le Colonel, le problème de ravitaillement de toute cette population. «On était en négociations avec le CICR, pour évacuer les civils, mais ça a foiré, je ne sais pourquoi. Il fallait tout d’abord protéger les civils. Maintenant, on va faire la guerre. Qui a fait foirer cette négociation? C’est de l’autre côté qu’il faut chercher. Ils ont tout fait pour retarder l’assaut, sachant que nous avions des civils sur les bras. Sinon, à chaque fois, ils ont été repoussés, et de façon violente. Ils ont subi des pertes énormes.

Mais cela ne pouvait pas durer, il fallait faire sortir les civils, il fallait les protéger. Notre mission régalienne est de protéger nos concitoyens», a conclu le Colonel Traoré.
Le Lieutenant-colonel Diaran a immédiatement fait un résumé des explications données par Directeur de la DIRPA.

«On retient trois éléments. C’est délibérément que nous avons quitté le camp de Tessalit, car le ravitaillement posait problème et parce que la négociation avec le CICR pour évacuer les civils a foiré. Ne craignez rien, cela va coûter ce que cela va coûter, mais on va reprendre le camp» a-t-il assuré.

Pierre Fo’o Medjo

Le 15 Mars 2012