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La journée d’hier mardi, deuxième jour de composition des terminalistes (12è) et des candidats au BT, ne ressemblait en rien à ce qui s’était passé la veille.

Les écoles qui avaient boycotté la première épreuve parce que la contestation y était forte (lycées Mambi Sidibé de Kati, Ba Aminata) tout comme celles qui avaient connu une situation mitigée (Askia, Technique CFP), affichaient toutes le plein hier matin.

Deux grandes raisons et une certitude ont incontestablement conforté les autorités dans leur conviction que l’année est normale et ont ramené les contestataires et les indécis à la raison. La première est un constat général.

Depuis 1992 aucune année scolaire n’a atteint le niveau actuel d’exécution des programmes. Il n’y a donc pas de doute : les épreuves ne seront pas des sujets-alibis, elles porteront sur des leçons faites par tous les candidats comme l’exige la pédagogie.

La plupart des élèves interrogés disent d’ailleurs que les épreuves sont abordables. Ensuite, la décision des autorités de maintenir la date d’exécution des compositions et surtout d’évaluer qui veut bien a balayé les dernières ombres d’hésitation chez les sceptiques.

Enfin, les appels largement relayés des directeurs nationaux des enseignements secondaires ont achevé de convaincre définitivement les élèves qu’ils ont tout à gagner en allant aux évaluations. Les directeurs nationaux ont donné l’assurance aux élèves et à leurs parents que tout sera mis en œuvre pour donner à ceux qui tiennent à leurs études de vraies chances de composer.

Dans leurs appels, les autorités du secondaire ont fait preuve d’une souplesse bien venue, puisque une chance inattendue est accordée à ceux qui n’avaient pas passé les évaluations de lundi dernier. Ceux-ci composeront après les autres épreuves.

Le calendrier des évaluations ne sera donc pas modifié. Cette certitude qu’ils ne récolteront pas automatiquement un zéro pour n’avoir pas été en classe le premier jour a définitivement convaincu les élèves qu’ils n’avaient plus de raison de rester à la maison.

Déjà, le lundi après-midi, beaucoup d’élèves étaient revenus se lamenter dans leur établissement. Au lycée Ba Aminata, les candidates s’étaient massées lundi à l’entrée jusqu’à 9 heures avant de se disperser.

Hier mardi, elles étaient en classe dès 7 heures et demie. Déjà dans l’après-midi du lundi, de nombreuses demoiselles étaient revenues à la direction pleurer à chaudes larmes lorsqu’elles avaient appris que dans d’autres écoles on avait composé.

C’est donc avec ces repenties que les compositions ont démarré à Ba Aminata par les épreuves d’après-midi. Elles étaient exactement 219. « Ce chiffre augurait de lendemains meilleurs », nous avait dit en souriant la directrice Mme Diawara Assétou Koné.

L’évolution de la situation lui a donné entièrement raison : hier matin, on ne signalait aucune absence dans cet établissement.

CORRIGÉS ET LIVRÉS : Au lycée Bouillagui, les perturbateurs du lundi étaient revenus hier avec la certitude de rééditer leur « exploit » et de mettre encore les peureux dans leur camp.

Ils s’étaient lourdement trompés en ne se rendant pas compte que le petit groupe de courageux qui avaient composé après leur départ le premier jour avait reçu du renfort. Non seulement leurs camarades ne leur ont pas donné le temps d’organiser l’AG de débrayage, mais en outre les ont corrigés et remis au 3è Arrondissement.

Ce n’est donc pas sûr que les perturbateurs composeront cette année. A Kati, la rumeur selon laquelle aucun lycée de Bamako n’a accepté de composer est venue à bout de toutes les certitudes et les nombreux élèves qui s’apprêtaient à plancher sur les épreuves sont finalement repartis chez eux.

L’AEEM mise au courant de cette propagande pernicieuse a envoyé ses émissaires épauler l’académie pour sensibiliser les partenaires de l’école. Le lycée Mambi de Kati procédera lui aussi à ses évaluations, car d’ici la fin de la semaine un calendrier consensuel sera établi et tout rentrera dans l’ordre.

A l’ECICA hier où c’était au tour des 4è années de composer, la sagesse a prévalu. Sur les 545 candidats au BT2 ici, 324 sont venus et ont travaillé dans le calme. Leur bon exemple servira aux élèves de 3è année et il est certain que les 8 présents du lundi seront rejoints par des centaines d’autres.

Ici faute de suffisamment de locaux disponibles, on alterne les jours de composition des 3è et 4è années. Le directeur du lycée Technique n’a relevé que 9 absences, ce qui constitue une forme de record, car même en temps normal les défections sont bien plus importantes. Askia, de son côté, affichait des salles pleines.

Au MESSRS, on assure que les corrections ne poseront aucun problème. Les enseignants du Secondaire déjà affectés à la surveillance seront secondés par leurs collègues des académies. En tout cas, les corrections seront faites par des professeurs habilités à exécuter cette tâche.

Dès la semaine prochaine les 10è et 11è seront invités à composer elles aussi donnant ainsi à l’année toute sa validité.


Université de Bamako : Effectifs en hausse, budget aussi

Le Conseil de l’Université de Bamako (UB) a tenu lundi au rectorat, une session ordinaire consacrée à l’examen du rapport d’activités 2006-2007, du programme d’activités 2007-2008, du bilan financier 2006-2007 et à l’adoption du budget 2008, annonce un communiqué de l’UB déposé à notre rédaction.

« Pour l’année académique 2006-2007, l’effectif global d’étudiants de l’UB se chiffre à 50.787, soit une progression de 23% par rapport à l’année précédente.

Quant au personnel enseignant, les effectifs demeurent insuffisants. Avec un total de 564 enseignants permanents, le ratio étudiants/enseignants se chiffre à 90/1, loin de la norme Unesco qui est de 20/1.

L’UB entend résorber ce déficit en formant 600 enseignants d’ici 2018, à travers un programme de formation de formateurs. Rappelons aussi que suite à un concours de recrutement à la fonction publique, ouvert courant octobre 2007, seulement 72 postes d’enseignants ont été pourvus sur 150 recherchés », précise le communiqué.

« Les préparatifs pour l’entrée dans le système L.MD (Licence, Maîtrise, Doctorat) et l’installation du haut débit dans les structures constituent des acquis, en plus des activités classiques de formation et de recherche menées dans les 5 facultés et 2 instituts de l’UB.

Sur le plan de la recherche, la problématique de l’eau constitue le thème phare sur lequel des équipes pluridisciplinaires travaillent » ajoute le communiqué.

« Le budget de l’UB, en augmentation de 21%, se chiffre à environ à 14 milliards dont 93% en subvention de l’État. Cette augmentation s’explique par la prise en compte de la croissance des effectifs d’étudiants, des constructions de nouvelles infrastructures et du programme de formation des formateurs » explique le texte.


C. DIAWARA

21 Mai 2008