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Le symposium organisé par la Confédération africaine de football (Caf) s’est achevé le 23 avril dernier en Egypte. Trois jours durant (du 21 au 23 avril 2008), d’intenses discussions entre entraîneurs nationaux, directeurs techniques nationaux, techniciens de la Caf ont eu lieu sur les aspects tactiques de la dernière Can, l’état du football en Afrique et les perspectives de son développement.

A la même table, il y avait Hassan Shehata, Sunday Kayuni, Otto Pfister, Claude Leroy, Roger Lemerre, Patrick Naggi, Ali Mbae, Mory Goïta… Ils étaient environ 60 sélectionneurs et directeurs techniques nationaux réunis, au Caire pour un symposium en fin du mois d’avril. Pour venir chercher quoi ? Chacun avait ses objectifs propres, mais tous avaient des buts communs : échanger, discuter, apprendre de l’autre, donner son opinion. Ils ont jeté un regard introspectif sur l’état du football en Afrique et les perspectives de développement.

Le directeur du développement de la Caf, Hussein Abdel Monheim l’avait déclaré dès l’ouverture : le but était « d’évaluer pour la première fois avec les entraîneurs africains le niveau de nos compétitions. Et permettre aux coaches d’exprimer leurs difficultés, les pressions diverses et les moyens de les juguler ». Ben Kofie, membre de la Commission technique de la Caf, précisait : « Ce symposium doit être du donnant-donnant.

Les entraîneurs vont s’enrichir de l’expérience de leurs collègues. Et nous nous devons de rassembler toutes ces informations, ces idées et ces propositions et d’en tirer quelque chose, pour l’avenir du football en Afrique ».
La première journée a permis de poser les débats, grâce notamment au rapport technique de la Coupe d’Afrique des nations 2008 au Ghana. La dernière journée, Roger Lemerre, DTN de la Tunisie, offrait un exposé sur le développement global du football et la nécessité d’intégrer les jeunes à leur âge véritable dans les académies du football.

« C’est vraiment important d’organiser ce genre de réunion juste après
la Can, jugeait Mory Goïta, ancien entraîneur des Espoirs du Mali et candidat au poste de DTN du Mali. Il faut, poursuit-il, battre le fer quand il est encore chaud. Il est remarquable que la Caf se préoccupe de savoir ce que pensent les entraîneurs. Nous sommes passés par beaucoup d’étapes avant de devenir sélectionneurs. Dès lors, nous pouvons partager notre expérience pour faire avancer le football de demain ».

Pour Hassan Shehata, l’entraîneur champion d’Afrique de la Can-2008 il s’agissait de surfer sur la vague des tendances, apprendre des autres. « C’était un forum de qualité. Il a permis aux entraîneurs de s’exprimer et de présenter l’importance des techniciens africains qui peuvent s’expatrier comme les étrangers viennent chez nous. C’est bon pour le développement du football ».

Quant à Otto Pfister, l’entraîneur du Cameroun, vice-champion d’Afrique, « cette rencontre était nécessaire, et je pense qu’une fois tous les deux ans ce n’est pas assez. Il faut une rencontre des directeurs techniques chaque année, pour qu’ils restent à la page ».

Autant de suggestions et d’idées soigneusement relevées par les experts et invités spéciaux de la Caf et synthétisées lors de la dernière journée. Reste désormais, comme tous les entraîneurs l’attendent, à concrétiser ces échanges. Ce que confirmait Mory, satisfait des nombreux sujets abordés, de la qualité des débats et surtout de l’uniformisation des diplômes d’entraîneurs imposée par la Fifa. « Grâce à la Caf, ce symposium s’est montré à la hauteur des espérances. J’ai été très impressionné par la qualité des uns et des autres ».

Boubacar Diakité Sarr

02 Mai 2008