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cou.jpgLes faits

Étrangement, dans la famille du professeur personne, sa femme y compris, malade elle aussi, n’avait remarqué la large entaille sur le cou du défunt. Même ceux qui l’ont transporté à la morgue ne se sont rendus compte de rien. L’arme du crime restait quand à elle, introuvable et le seul indice, un drap maculé de sang, a été trouvé par la police, jeté sur le toit.

Au commissariat du 13ème arrondissement de Yirimadio, les policiers sont toujours dans le flou. Les circonstances et les motivations de ce crime qualifié d’odieux par le commissaire, Jean Pierre Porna Dembélé, restent toujours mystérieuses.

Les limiers du 13ème arrondissement sont actuellement attelés à faire toute la lumière sur cette affaire, qui défraie véritablement la chronique.

A ce jour, après les premières investigations dans le voisinage de la famille Koïta, de lourds soupçons pèsent sur deux proches du défunt. Il s’agit de son épouse, Korotoumou C., la quarantaine, et de son fils S. Koïta. Depuis la découverte de l’assassinat de l’enseignant, ces deux suspects nient farouchement toute implication dans le crime. Au commissariat, où ils ont été interrogés, ils n’ont pas varié dans leur version des faits.

Ni de près ni de loin

Pressée de questions, Korotoumou C. explique qu’elle n’avait aucun intérêt à porter atteinte à la vie du père de ses enfants. Cette réponse ne convainc pas le commissaire Dembélé. Il place la dame en garde-à-vue, le temps d’entendre son fils. Ce dernier aussi nie être impliqué dans la mort de son père. Bombardé de questions, il indique au commissaire qu’il soupçonne son père de s’être suicidé. Le défunt avait-il un problème particulier avec les membres de la famille jusqu’à le pousser à commettre l’irréparable? La question est restée sans réponse. Ce mutisme renforce les soupçons du commissaire Dembélé à l’égard de S.

En effet, le fiston ignore que l’arme du crime a été retrouvée à quelques kilomètres des lieux du drame. Les hommes du commissaire Jean Pierre Porna ont localisé le couteau qui a servi à trancher la gorge de Amadou Koîta à Yorodiambougou, sur la route de Ségou. L’arme du crime, explique le commissaire Dembélé, a été découverte toute ensanglantée, dans ce village où le défunt possède une maison en chantier. La découverte de cette nouvelle « pièce à conviction »(après le drap imbibé de sang jeté sur le toit) conforte le commissaire dans ses soupçons et oriente l’enquête vers les propres membres de la famille du défunt.

Nouvelle version

Tenace, le commissaire Porna ramène l’épouse Korotoumou à l’interrogatoire dans l’espoir de lui arracher une autre version. Il a été bien inspiré. Celle qui a assuré tout ignorer de la mort du père de ses enfants, change effectivement de déposition. Dans sa nouvelle version des faits, la dame affirme avoir réveillé son époux pour la prière de l’aube, comme d’habitude, vers 5h du matin. Mais ce jour là, son mari ne donne aucun signe de vie. L’épouse n’insiste pas. Et sans se douter de rien, Korotoumou est allée se recoucher après avoir fait ses ablutions en attendant l’heure de la prière. C’est ainsi, explique-t-elle au commissaire, qu’au réveil elle s’est rendue compte que son mari était mort.

Ce récit ne satisfait pas les policiers. Ils vont confronter sous peu, S. Koïta et sa mère. Les deux suspects ignorent pour le moment que le couteau qui a servi à tuer Amadou Koîta est entre les mains du commissaire Jean Pierre Porna Dembélé. Le fait que « ce crime ait été maquillé », perturbe notre policier. Il remarque qu’il est étonnant que quelqu’un soit retrouvé égorgé sur son lit sans qu’aucune trace de sang ne figure sur sa couchette. Et le comble est que personne ne s’en est aperçu jusqu’au moment du bain mortuaire.

Des voisins de la victime avaient informé la police que le défunt était sur le point de convoler en secondes noces et que ce projet de mariage avait été très mal accueilli par son épouse. Les parents directs du professeur, sans accuser formellement l’un ou l’autre membres de la famille, sont eux aussi persuadés que le tueur ou la tueuse est quelqu’un de la maison.

Le commissaire Dembélé qui ne néglige aucune piste, promet de résoudre l’énigme dans les jours à venir.

Affaire à suivre….

Mh. TRAORÉ | Essor

22 mai 2007