Partager

Un sénateur républicain, pourtant ami personnel de Georges Bush
père, résumait ainsi la vaine prétention du Président américain et
ses proches de dominer les autres pays : “Pour des intérêts
personnels et sordides, cinq petits démons de midi avaient voulu
asservir le monde. Mais face à la marche de l’Histoire, ils ont
ressemblé à Don Quichotte et son fidèle Sancho Pansa, livrant un
futile combat contre des moulins à vent”
.

En effet, ainsi pourraient bien se résumer les tentatives de
Georges Walker Bush et ses thuriféraires de s’approprier le
pétrole irakien.
Mais autant la marche de l’Histoire est
implacable et irréversible, autant elle finit par infliger une
amère vérité à tous ceux qui la contestent.

Le Chef américain des Etats Unis et ses associés, loin d’avoir
gagné “leur guerre” en Irak, ont plutôt perdu deux guerres. Car
aucune de leurs ambitions n’y a été atteinte, encore moins
assouvie: entre autres, mettre le grappin sur le pétrole irakien
et implanter en Irak un pouvoir à leur entière dévotion.

Une guerre inepte

Au regard des pertes immenses, tant en vies humaines -soldats
américains et victimes civiles- qu’en matériels logistiques et
investissements financiers, on peut aujourd’hui conclure que cette
guerre n’avait aucune raison d’être. Pire, elle était aussi inepte
que vouée d’avance à l’échec.

Et si seulement le gouvernement américain avait consacré tous ces
investissements (humains, logistiques, financiers…) au
renforcement de leurs liens de coopération avec ses partenaires
traditionnels des autres pays du monde, il aurait gagné plus et en
notoriété, et en avancée économique et politique.

Aussi, avant d’entreprendre cette guerre, le cartel de Georges W.
Bush aurait du méditer cette citation du penseur Brian Urquhart :
Il y a souvent peu de rapport entre un succès immédiat et une
oeuvre durable. Sur bien des questions, le jugement de l’Histoire
sera différent de celui qu’avait porté l’esprit du temps
”.

Et mieux, si Hitler était encore de ce monde, Bush tirerait une leçon
utile à lui demander ce qu’il en coûte de se laisser berner par
l’utopie.

Entre l’ambition et l’utopie

De tous les Présidents qui se sont succédés à la tête des Etats
Unis d’Amérique, Georges Bush serait celui qui est doté du quotien
intellectuel le moins élevé: il en est à 91, alors que ses
prédecesseurs étaient au delà de 100 ! De toute les annales
électorales américaines, c’est encore Bush qui a essuyé les
scrutins présidentiels les plus flous et controversés ! Et sans
cette dernière élection présidentielle truquée, le candidat et
concurrent potentiel de Bush -lors de la dernière élection- serait
de nos jours le Président des Etats Unis, et cette guerre n’aurait
sans doute pas eu lieu.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi la déception a poussé Al Gore
à se reconvertir… dans la protection de l’écosystème, au point
de devenir aujourd’hui immensément populaire aux Etats Unis. Et
n’eut été le fait qu’il s’est juré de ne plus faire la politique,
il aurait toutes les chances de présider aux destinées du pays…

Pour l’heure, c’est un Georges W. Bush et ses “petits démons” qui
veillent auxdites destinées, bien que certains d’entre eux ne
soient plus aux affaires : Dick Cheney à la Vice-Présidence,
Donald Rumsfeld au Secrétariat à la Défense, Collin Powell aux
Affaires Etrangères, et Condoleeza Rice aux Affaires Intérieures.

Par ailleurs, Georges Bush demeure toujours sous la coupe et la
protection de puissants lobbies juifs qui contrôlent l’économie
américaine. Donald Rumsfeld n’était-il pas membre d’un grand
cartel pétrolier du Texas, qui voulait s’approprier les grands
puits d’Irak? Bush n’a-t-il pas été Gouverneur de cet Etat du
Texas?…

Bush et son staff, plutôt ses “estafettes”, avaient démontré que
les textes de l’ONU et l’avis de ses membres ne comptaient que
pour du beurre, face aux “intérêts suérieurs de l’Etat”,
c’est-à-dire la possession du pétrole irakien et la colonisation
de l’adminitration irakienne par les Etats Unis.

Tout le reste n’était que pures élucubrations. Car, si les
prétextes pour envahir l’Irak n’avaient pas existé, Bush et ses
alliés allaient les inventer. Ce qu’ils n’avaient pas manqué de
faire, du reste.


Une guerre programmée d’avance

Se basant sur une certaine résolution 1441 de l’ONU, des avions
espions étaient dépêchés en Irak pour détecter de prétendues armes
nucléaires interdites. Des sites militaires irakiens sont ainsi
inspectés et photographiés.
Des suites présidentielles de Saddam
Hussein et des mosquées sont fouillées de fond en comble par des
inspecteurs américains.

En dépit des résultats nuls de ces enquêtes, l’Irak est quand même
attaqué: preuve que les prétextes avancés par le gouvernement
américain n’étaient que de la poudre aux yeux, et que cette guerre
d’Irak était déjà programmée.

En témoignent la hâte et l’amateurisme qui l’ont entachée, aussi
bien dans ses moyens logistiques que par ses conséquences sur les
populations irakiennes. Des populations que le gouvernement Bush
prétendait pourtant “protéger et sauver”… Autant de
comportements impensables, venant de la plus grande puissance du
monde.

Quant à l’ONU et son Secrétaire général, Koffi Anan, leurs
décisions ne valaient que par le bon gré de Bush. Au siège de
l’ONU, on pensait déjà à la manière …de panser les plaies de
l’Irak. Pourtant, au lieu de s’opposer aux signatures
belliqueuses” de la coalition anglo-américaine, l’ONU les avait
plutôt cautionnées.

En aidant Bush dans ses entreprises guerrières, les deux Chefs de
gouvernement anglais et espagnol de l’époque, Tony Blair et José
Maria Aznar, s’étaient transformés en“ rêveurs et désaxés de
l’Histoire
” : ils s’étaient bien “réveillés” par la suite, mais
pour se rendre compte qu’en réalité, les Etats Unis de Bush n’ont
ni amis, ni alliés.

Et que se serait-il passé si les ambitions de Bush visant l’Irak
étaient assouvies? la réponse pourrait se trouver dans cette
remarque de l’ancien Président américain, Dwight Eisenhower : ”Si
Hitler avait vaincu le monde, il s’en serait pris à ses alliés
”.

L’effet boomerang

Aussi, Bush subira-t-il un revers de taille, car la guerre d’Irak
avait pris une tournure aussi dangereuse que sournoise : “la
résistance silencieuse
”.
Les multiples gaffes et exactions
commises par des soldats américains sur les populations irakiennes
avaient déjà sonné le glas d’une réaction en séries, une réaction
brutale et inédite d’un peuple désormais animé par un seul souci:
l’instinct de conservation.

En témoigne, entre autres, l’acte “kamikaze” de cet officier
irakien qui avait été décoré Colonel, mais à titre posthume, pour
avoir fait “sauter” quatre soldats américains. C’est dire que,
sans l’avoir souhaité peut-être, le gouvernement de Bush avait non
seulement provoqué une nouvelle ère de desperados irakiens, mais
il devait aussi faire face à des ennemis dits invisibles, des
illuminés” pour qui la cause arabe et islamique vaut plus que
tous les puits de pétrole du Golfe et de l’Irak réunis.

En plus des Shites et des Sunnites, des réseaux Al Qaïda et de la
Jihad islamique, des centaines de Palestiniens étaient décidés à
mourrir pour la cause irakienne, et par extension, pour l’identité
arabe. Et leurs méthodes sont déjà connues, pour avoir fait leurs
preuves” …

Aussi, un diplomate arabe en poste à Bagdad affirmait : “Les Etats
Unis du Président Georges Bush devaient comprendre à temps que les
pays arabes ne resteraient pas les bras croisés. Car ils savent
qu’après l’Irak, ce serait leur tour d’être coiffés par les Etats
Unis… Le gouvernement de Bush avait ainsi compromis
dangereusement la suprématie de son pays. Et cette compromission
pourrait toujours entraîner un autre 11 Septembre et créer
d’autres Ben Laden encore plus meurtriers
”.

Les velléités américaines d’attaquer l’Iran ne confirment-elles
pas les craintes de ce diplomate, même si, de nos jours, le retour
à la paix s’annonce petit à petit en Irak, en dépit de quelques
couacs sanglants dus aux effets pervers de cette guerre?
C’est dire qu’en fin de compte, les Etats Unis doivent désormais
éviter un autre “effet boomerang” de ce genre. A moins que pour
qui sonnent les cloches de l’utopie, seule l’oraison tienne lieu
de raison…

Oumar DIAWARA

14 Décembre 2007.