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La corruption à l’école, dans le système judiciaire, dans la fonction publique et l’administration, dans les forces armées et de sécurité et corruption et valeurs de société, seront décortiquées par les Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière qui s’ouvrent demain pour une thérapie de choc contre ce fléau.

Considérés comme une ultime chance de parvenir à bout du fléau, prendront part aux travaux des Etats généraux sur la corruption, des délégués des régions et du district, des représentants des partis politiques, des administrations d’Etat, de la société civile, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers et des personnes ressources.

Il s’agira, pour ce beau monde, d’examiner les propositions issues des concertations régionales, des auditions organisées au siège du comité préparatoire et des contributions de personnes ressources tant au plan national qu’international. Le menu du programme des Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière est des plus copieux car les participants seront amenés à débattre durant 4 jours (25-28 novembre) des thèmes aussi divers que variés.

Ils passeront à la loupe la corruption dans l’éducation, dans la justice et le système judiciaire, dans la fonction publique et l’administration, dans les forces armées et de sécurité, la corruption dans la gestion des fonds publics et la corruption et valeurs de société.

S’inviteront également aux travaux, des débats, discussions et travaux en commissions. Le tout, mis bout en bout vise, selon les termes de la lettre de mission adressée au comité préparatoire par le Premier ministre, « à un diagnostic et à un projet national partagé de lutte contre la corruption autour duquel le gouvernement articulera un ensemble de mesures et de réformes susceptibles d’instaurer de nouvelles pratiques saines de gouvernance et de gestion des affaires et des deniers publics ».

Au regard du panel ce ne sont pas des thématiques qui feront défaut aux participants et autres intervenants dans le domaine de la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Ensemble, ils devront mettre en commun leur expérience pour aboutir au résultat escompté ; à savoir : la moralisation de la gestion des affaires publiques.

Tout semble indiquer que le comité préparatoire, investi pour la circonstance, a préparé le terrain à travers des auditions, l’organisation des concertations régionales et celles du district en octobre dernier. Celles-ci ont permis de toucher du doigt les causes profondes de la corruption et de faire des propositions qui seront soumises à l’analyse des participants.

Diagnostics

Au niveau du système judiciaire, les concertations ont identifié l’insuffisance dans la qualité des ressources humaines, l’absentéisme des juges, le favoritisme, le népotisme dans les nominations et les affections des juges, etc. Pour conjurer ces tares, les concertations proposent la formation continue des magistrats et des professionnels du droit, l’élaboration d’un cadre éthique et déontologique applicable aux magistrats et aux auxiliaires de justice, etc.

A la charge de l’éducation, l’on note l’indiscipline et la violation de la réglementation de l’espace scolaire, les fraudes… Il a été proposé de soumettre chaque enseignant à une procédure objective d’évaluation et de notation, moraliser tous les examens et concours y compris ceux des forces armées et de sécurité, rendre obligatoire l’éducation civique et morale à tous les niveaux.

Au niveau de la vie politique et institutionnelle, l’on plaide l’éducation des acteurs politiques pour éviter l’achat des consciences et le nomadisme, la sécurisation des documents électoraux, la réduction du nombre de structures intervenant dans l’organisation des élections, la réduction du budget des élections.

Népotisme, incompétence, absence de sanction, abus d’autorité et de pouvoir… telles sont des lacunes relevées au sein de la fonction publique et que les autorités se doivent de les corriger.

En somme, qu’il s’agisse des structures de contrôle, du secteur privé, des forces armées et de sécurité, ils sont loin d’être exempts de critiques avec attribution de marchés sur des bases subjectives, subjectivisme dans les nominations et recrutements, intimidation, abus et chantage avec la tenue, etc.

Sur ce point, il est recommandé de rendre fonctionnelle la police des polices, de rationaliser l’implantation des barrages routiers, de moraliser la délivrance des permis…

Les concertations régionales ainsi que celles du district n’ont pas été avares en recommandations et propositions. Avec la tenue des Etats généraux, l’on saura quand et comment toutes ces mesures seront effectives et applicables.


Mohamed Daou

24 Novembre 2008